Les fonds de secours européens sont mis à mal par la dégradation française

Le FESF va probablement perdre son AAA. L’impact est plus discuté pour le Mécanisme européen de stabilité, qui n’est pas encore noté
V. Le Gall et S. Poullennec

La perte du AAA de la France risque bien d’entraîner celui du Fonds européen de stabilité financière (FESF). La France représente en effet 21,8% des garanties apportées par les Etats membres au fonds, après l’Allemagne qui en apporte 29%. C’est donc surtout grâce à ces deux pays que levéhicule a pu obtenir la note AAA.

Certains font valoir que les dégradations ont déjà été largement intégrées par les marchés. Les coûts de financement du fonds ne bondiraient donc pas. «Ce n’est pas parce qu’un pays perd son AAA qu’il ne peut plus se financer. Par ailleurs, la perte du AAA n’est pas un facteur dominant actuellement, les marchés réagissent davantage aux annonces sur la résolution de la crise», assurait vendredi un économiste. «Le passage de AAA à AA+ est une frontière symbolique, pas une frontière d’investissement», réagissait un autre.

Si le FESF perdait son AAA, les Européens pourraient tenter d’y remédier. «La France et l’Autriche pourraient apporter du cash au fonds mais la question c’est : est-ce que vous voulez vraiment tout faire pour garder le AAA du FESF ?», estime Laurent Fransolet, chez Barclays Capital. Selon les calculs de RBS, augmenter le coussin de sécurité du fonds pour maintenir son AAA diminuerait cependant sa capacité de prêt de 440 à 271 milliards.

Les responsables politiques européens semblent déjà avoir tourné la page. Ils travaillent depuis plusieurs semaines à une mise en œuvre dès l’été 2012, du Mécanisme européen de stabilité (MES). «Nous allons tout particulièrement nous attacher à mettre en œuvre dès que possible le mécanisme de stabilité», a réagi samedi la chancelière allemande Angela Merkel.

Les analystes sont divisés sur l’impact des dégradations sur le MES, qui doit être doté d’un capital de 700 milliards d’euros pour une capacité de prêt de 500 milliards. Il n’a pas encore été noté par les agences. «Pour le MES, la dégradation aurait moins d’impact puisqu’il fonctionne avec des apports en capital, la note est davantage une question d’effet de levier», assure Laurent Fransolet. Reste qu’avec les dégradations de la France et de l’Autriche, la part des actionnaires du MES notés AAA est tombée de 58,1% à 34,9%. Pour RBS, il existe un risque que le Mécanisme ne puisse avoir une meilleure note que la France. Pour décrocher un AAA, il devrait alors diminuer sa capacité de prêt, ou augmenter son capital appelé, ce qui suppose une sortie de cash pour les Etats.

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