Les fonds de capital investissement donnent un an aux banques pour résorber le financement des LBO

TPG lors d’un colloque à Munich estime que le secteur des rachats d’entreprises va se contracter de 40% cette année

Le phénomène fut bref, environ deux ans où le marché du capital investissement aura connu une période record, le coup d’arrêt fut aussi spectaculaire avec la crise du «subprime» l’été dernier. Le fondateur du fonds de capital investissement TPG, David Bonderman, se prononce sans détour: «vous pouvez dire adieu aux grands retraits de la cote aux Etats-Unis», a-t-il déclaré lors d’une conférence sur le capital investissement organisée à Munich, au cours de laquelle il a pronostiqué une contraction de 40% du secteur qui avait représenté 900 milliards de dollars (597 milliards d’euros) de transactions l’année dernière. Selon des statistiques compilées par Dealogic, les opérations de rachats d’entreprises par des fonds de capital investissement ont représenté 796 milliards de dollars en 2007 auxquels s’ajoutent 166,5 milliards de reventes. Il reste que pour David Bonderman, le segment du capital investissement avait enregistré de meilleures performances que les Bourses, «qui connaissent des moments biens plus difficiles (...) ce qui est une bonne nouvelle pour nous». Il a ajouté que lorsque les temps sont difficiles, les investisseurs tendent à déserter et que les levées de fonds se tarissent mais que c’est aussi le moment où les rendements se redressent spectaculairement.

«Historiquement, les rendements les plus élevés ont été dégagés dans ces périodes où les investisseurs ont renâclé à apporter des fonds nouveaux», a-t-il souligné. La résorption des financements à effets de levier consentis par les banques prendra encore quelque temps, a-t-il aussi prévenu. «Je serais surpris que cela intervienne immédiatement. Je pense que cela durera probablement jusqu'à la fin de cette année», a-t-il dit.

Propos repris par le patron de Blackstone, qui donne jusqu’à l’an prochain aux banques. Il a prévenu lors de cette même conférence que cette année son fonds opérera comme si les Etats-Unis étaient réellement en récession.

Mais les fonds ne perdent pas l’appétit pour autant. TPG indiquait mardi qu’il étudiait de près des banques allemandes pour saisir des opportunités d’investissement. Ainsi pour Matthias Calice.associé de TPG: «nous voyons un nombre important de groupes de services financiers faiblement valorisés en Allemagne. Ceux-ci pourraient être intéressants pour nous et parmi eux figurent de grands groupes», a déclaré cet associé de TPG.

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