Les faucons perdent du poids au Comité de politique monétaire de la banque d’Angleterre
Le remplacement d’Andrew Sentance par Ben Broadbent dès la prochaine réunion pourrait réduire à deux le nombre des partisans d’une hausse des taux
Publié le
Patrick Aussannaire
Le départ d’Andrew Sentance réduit l’influence du camp des faucons de la Banque d’Angleterre. Remplacé par Ben Broadbent à la prochaine réunion du 9 juin, Andrew Sentance avait voté dès février pour un resserrement des taux directeurs de 50 points de base (bp), et entraîné avec lui deux autres membres du Comité de la BoE: Martin Weale qui a changé son vote en janvier pour militer pour une hausse de 25 bp, et Spencer Dale qui l’a rejoint en février.
L’inflation a accéléré à un rythme de 4% en mars à 4,5% en avril, son niveau le plus élevé depuis octobre 2008. Il s’agit du seizième mois consécutif au cours duquel l’inflation est supérieure à l’objectif de la BoE qui semble préparée à une poussée de l’inflation vers les 5% cette année. Néanmoins, six membres sur neuf ont continué de voter pour le statu quo à la réunion de mai, considérant qu’il y avait «peu de signes que les anticipations élevées d’inflation impactent durablement les prix et les salaires». L’inflation sous-jacente a légèrement décéléré en avril à 3,2%. L’arrivée de Ben Broadbent pourrait faire passer le rapport de force à 7 contre 2.
Les dernières projections de la BoE suggèrent toujours une hausse de taux de 30 bp d’ici la fin de l’année, mais le timing reste encore incertain. La Chambre de Commerce britannique a repoussé de trois mois à août sa prévision d’un premier geste de hausse des taux directeurs de 25 bp à 0,75%. Ce réajustement provient de la baisse de 0,1 point de pourcentage de ses prévisions de croissance pour 2011 et 2012 à respectivement 1,3% et 2,2%. Même si elle estime que «les entreprises britanniques pourront absorber des hausses mesurées», elle met néanmoins en garde la banque en estimant qu’elle «doit agir avec grande précaution et ne pas resserrer sa politique de manière trop agressive».
De leurs côtés, les marchés anticipent avec une probabilité de 50% une hausse de 25 bp en décembre. Natixis estime qu'«une répartition des voix de 7 contre 2 confirmerait qu’un resserrement de la politique monétaire ne devrait pas survenir à très court terme, ce que price déjà le marché». Et Barclays de prévenir que si la BoE avait tort de considérer l’inflation actuelle comme temporaire, «afin de restaurer sa crédibilité sur l’inflation et faire revenir la hausse des prix domestiques vers ses objectifs, la politique monétaire pourrait devoir revenir à des niveaux extrêmement restrictifs».
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