Les faucons de la Réserve fédérale américaine reprennent de la voix
Profitant d’un grand rassemblement des banquiers centraux de la planète qui doit se tenir aujourd’hui pour jauger les effets des politiques d’assouplissement monétaire historiques sur l’économie mondiale, le président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard, qui ne fait pourtant habituellement pas partie des faucons, a tenu à souligner que « dans un environnement d’amélioration et de redressement constants de l'économie américaine, (…) aller trop loin dans les engagements pour d’autres mesures d’assouplissement monétaire pourrait bien avoir des conséquences préjudiciables pour les Etats-Unis et, par extension, pour l’économie mondiale». «L’expérience des années 70 nous apportent la leçon que si nous laissons le génie de l’inflation sortir de sa bouteille, il peut être très difficile de le faire revenir à l’intérieur» a-t-il prévenu.
Et de préciser que la Fed devrait relever ses taux directeurs à la fin de l’année 2013, plutôt qu’en 2014 comme le comité de politique monétaire s’y est pourtant engagé. Mercredi, le président de la Fed de Minneapolis, Narayana Kocherlakota, avait été plus radical en proposant une sortie de la politique de taux zéro de la Fed dès cette année ou au plus tard en 2013. Le président de la Fed de Dallas, Richard Fisher, a lui indiqué que «nous n’avons plus besoin de morphine monétaire».
Portés par la hausse des prix du pétrole et des rendements nominaux depuis quelques séances, les points morts d’inflation aux Etats-Unis sont en hausse, avec un TIPS à 10 ans à 2,39%. Sur toutes les échéances jusqu’à 12 ans, ils sont supérieurs aux taux nominaux correspondants, entrainant des taux réels négatifs jusqu’à ces maturités. Les taux réels à 10 ans est de -0,63%. «Les investisseurs pensent que le risque déflationniste est désormais très faible et qu’à moyen terme, il pourrait devenir plus difficile de garantir la stabilité des prix, si la Fed ne retire pas suffisamment vite les liquidités injectées dans le marché quand l’output gap sera revenu à zéro» estime Natixis.
L’émission réalisée hier a été servie avec un rendement négatif de -0.089%, un niveau historiquement faible pour cette maturité. Les investisseurs n’ont pourtant pas boudé le papier avec un ratio de couverture de 2,81, le plus élevé des dernières adjudications. Lorsque le TIPS à 10 ans abondé hier a été adjugé pour la première fois, il valait 102,11, alors que normalement les émissions se réalisent «au pair».
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