Les experts du pétrole tempèrent les effets de la crise égyptienne
L’instabilité politique en Egypte s’est traduite par une envolée du prix du baril de pétrole, depuis jeudi, de 5,23 dollars à un plus haut lundi de 90,87 dollars pour le WTI et de 101 dollars pour le Brent, qui a cassé la barre des 100 dollars pour la première fois depuis octobre 2008.
Selon SG CIB, ce sont près de 3 millions de barils par jour (b/j) de pétrole brut et de produits raffinés acheminés entre la Mer Rouge, le Golfe de Suez et la Méditerranée via le Canal de Suez et l’oléoduc Sudmed qui sont à risque. Le premier est long de 193 kilomètres et enregistrait en 2009, un trafic de 1,8 million b/j. Le second, lui, couvre 322 kilomètres et fait transiter 1,1 million b/j.
Pour la banque, les craintes du marché de l’or noir sont, au stade actuel, celles d’une contagion des tensions en Tunisie et en Egypte aux producteurs clé de pétrole comme l’Arabie saoudite. Un scénario qu’elle juge très peu probable vu l’absence de menace particulière, notamment islamique, dans le canal de Suez ou le pipeline Sudmed. «Le Canal ne semble pas être menacé dans l’immédiat par la crise politique en Egypte. En dépit des violences observées la semaine dernière à Suez, aucune tentative visant des navires n’a été enregistrée», note Barclays.
SG CIB ajoute que sans mouvement politique organisé, l’offre ne sera pas menacée par des attaques paramilitaires organisées dans les deux zones sensibles. D’autant plus que celles-ci nécessitent financement, armes et entraînement alors que l’armée soutient fermement le président Moubarak.
Le Canal de Suez étant une voie stratégique pour le transport de pétrole hors du Golfe vers l’Europe, et aussi de l’Europe vers l’Asie, BarCap estime que «des perturbations prolongées pourraient impacter le prix du pétrole déjà élevé, ce qui pénaliserait en premier chef la croissance des émergents asiatiques, qui ont déjà du mal à contrôler l’inflation».
Selon SG CIB, l’Opep détient 4,9 millions b/j de capacité de production de brut disponible, dont 3,5 millions b/j pour l’Arabie saoudite. Les stocks industriels dans les 28 pays membres de l’IEA, l’agence internationale de l’énergie, s’élèvent confortablement à 2,74 milliards de barils. Les stocks stratégiques, quant à eux, dans ces pays, «s’élèvent à 1,56 milliard de barils, assez pour maintenir un taux de prélèvement de 2 millions b/j pendant deux ans».
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