Les évolutions du Fonds de stabilité créent de la volatilité sur les pays périphériques
De la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne jeudi dernier à Bruxelles sont ressorties deux informations sur la stabilité de la zone euro. Premièrement, le traité de Lisbonne pourrait être modifié de manière «limitée» afin d’y inclure un «mécanisme permanent» de renflouement des Etats en cas de crise, dont les modalités devront être définies d’ici à décembre. L’existence depuis mai dernier du fonds de stabilité européen (EFSF), n’étant conforme au traité que par son caractère éphémère, son expiration était prévue mi 2013. Deuxièmement, la réunion du sommet européen a relancé l’idée d’une participation des créanciers privés des Etats de la zone en cas de défaut ou de rééchelonnement de dettes d’un pays membre.
Le signal envoyé aux marchés est ambigu pour Vincent Chaigneau, responsable de la stratégie obligataire chez SG CIB, «D’une part le conseil européen choisit de prolonger le mécanisme et donc évite le défaut à trois ans d’un Etat. De l’autre, il laisse entendre que les investisseurs paieront de toute façon. Si la responsabilisation du système est plutôt saine, elle a évidemment un coût pour les investisseurs», explique-t-il.
Pour Jacques Cailloux, économiste chez RBS, les déclarations émanant de la réunion de Bruxelles laissent entendre qu’un défaut est possible. «Les pays de la périphérie sont exposés à un risque de perte supplémentaire de confiance. Les bruits autour de la mise en place du fonds manquent par ailleurs de clarté», explique-t-il. Une incertitude qui déplaît forcément aux marchés obligataires. Ils ont d’ailleurs mal réagi vendredi. L’ensemble des pays périphériques ont connu à nouveau des tensions. Les hausses les plus importantes sur les taux à 10 ans ont été enregistrées sur les pays les plus fragiles de la zone euro. L’Irlande a ainsi vu son rendement grimper de 12 points de base (pb) et la Grèce de 19 pb. Les rendements grecs à 5 ans, supérieurs à ceux à 10 ans, se sont tendus de plus de 50 points de base.
Cependant pour Axel Botte, stratégiste obligataire chez Natixis AM, «même si les marchés peuvent s’inquiéter à court terme, la pérennisation du fonds est essentielle à la stabilité de la zone. Il est peu probable qu’un pays comme la Grèce puisse redresser ses finances publiques et conduire les réformes demandées en seulement trois ans», explique-t-il.
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