Les Européens en désaccord sur la manière de piloter l’Eurogroupe
Alors que le mandat de l’Espagnol José Manuel Gonzalez-Paramo au directoire de la BCE expire à la fin du mois, le jeu de chaises musicales dans les institutions financières européennes est bloqué. Deux candidats sont officiellement en lice: le Luxembourgeois Yves Mersch, pour lequel Berlin a marqué sa préférence, et un autre Ibérique Antonio Sainz de Vicuna, qui, lui, a eu le soutien de l’ancien président français Nicolas Sarkozy dans le passé. Le second est le juriste en chef de la BCE depuis quatorze ans, après être passé par l’Institut monétaire européen. Le premier, aussi un homme de droit, règne sur la Banque centrale de Luxembourg depuis 1998 et, à ce titre, siège au conseil des gouverneurs de la BCE.
Quand le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble se profilait comme possible successeur de Jean-Claude Juncker à la présidence de l’Eurogroupe, Yves Mersch semblait tenir la corde. Cependant les doutes qui planent sur la succession de Jean-Claude Juncker, depuis que François Hollande s’est indirectement opposé à l’arrivée du ministre allemand, remettent en cause ce scénario.
Le président français a demandé que le titulaire du poste abandonne ses fonctions ministérielles pour se consacrer pleinement à la fonction. Or cette idée rebute fortement Berlin. S’il quittait ses fonctions ministérielles et ne s’occupait plus que de la présidence de l’Eurogroupe, Wolfgang Schaüble risquerait d’être «victime du syndrôme van Rompuy», indique une source européenne. Herman van Rompuy, ancien Premier ministre belge et actuel président du Conseil européen, est connu pour limiter son rôle à jouer les facilitateurs entre dirigeants nationaux et à fixer des ordres du jour de réunions qui ne sont généralement pas respectés.
Du coup, l’hypothèse du maintien de Jean-Claude Juncker à son poste refait surface, ce qui ne déplairait pas à l’intéressé qui occupe le poste depuis 2005. S’il restait, il ne serait plus question de faire entrer un Luxembourgeois au directoire de la BCE. Se pose enfin la question de la présidence du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de soutien doté d’un capital libéré de 80 milliards d’euros, qui doit voir le jour en juillet. Ses statuts prévoient qu’il soit, soit présidé par le président de l’Eurogroupe lui-même, soit par une personnalité élue par les gouverneurs du MES, les ministres des Finances. Ces derniers n’ont pas encore choisi entre les deux options.
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