Les eurodéputés se donnent trois semaines pour s’accorder sur les indices
L’adoption, prévue aujourd’hui, du rapport de Cora van Nieuwenhuisen sur les indices et les benchmarks, attendra. La discussion au Parlement européen achoppe encore en particulier sur la mise en pratique du principe de proportionnalité défendu par la député libérale néerlandaise qui a pourtant réussi à faire «80%» du chemin vers un compromis, assurait la semaine dernière une source parlementaire.
La député propose en particulier un allègement des obligations frappant les indices non critiques pour lesquels devrait prévaloir une simple «augmentation de la transparence» sur la méthode, assortie d’une «déclaration de conformité» fournie par un auditeur indépendant.
Les indices «critiques», autrement dit ceux présentant un caractère systémique en raison du volume des instruments financiers pour lesquels ils servent de référence, seraient seuls soumis aux strictes règles de gouvernance, notamment de gestion de conflits d’intérêts proposées par la Commission. En ligne de mire, les liens entre administrateurs et contributeurs qui facilitent les manipulations, à l’image de celles constatées pour le Libor. Mais les sociaux-démocrates jugent le régime des indices non critiques trop allégé.
Les élus Verts préféreraient, de leur côté, revoir le seuil de 500 milliards d’euros (valeur notionnelle des instruments utilisant l’indice comme référence) définissant les indices critiques. Le champ exact des indices qui seront finalement inclus reste flou, la Commission estimant, oralement, qu’il n’y en aura que quelques-uns… mais se refusant à en fournir la liste.
Autre objet de différend: les indices de matières premières, que Cora van Nieuwenhuisen propose d’exempter purement et simplement des règles de gouvernance pour ne retenir que la conformité au code de conduite des superviseurs de marchés de l’OICV. Certains députés estiment qu’il faut adopter à leur égard la même approche que pour les indices financiers: régulation serrée pour les plus importants et allégée pour les autres.
Les élus britanniques restent par ailleurs hostiles à l’idée de soumettre à la supervision directe de l’Autorité européenne des marchés (Esma) la surveillance des indices paneuropéens. L’adoption du rapport, prévue à présent le 31 mars, permettrait d’enclencher les négociations avec le Conseil des ministres. Celui-ci, toutefois, est encore loin d’avoir trouvé un compromis et se divise, notamment sur les conditions dans lesquelles accorder un agrément aux administrateurs extra-européens.
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Trump annonce une prolongation de trois semaines de la trêve au Liban
Washington - Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, au moment où les efforts pour arriver à un accord avec l’Iran sont pour leur part au point mort. «Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington. En vigueur depuis le 17 avril, la trêve qui devait initialement s’achever dimanche a offert un certain répit à la population libanaise, dans un conflit qui a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars. Donald Trump a assuré que les Etats-Unis «vont collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah». L’organisation chiite, qui a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a rejeté ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où Israël entend créer une zone tampon au prix de destructions de villages et de bombardements, qui ont tué mercredi deux journalistes libanaises. Le Hezbollah a lui annoncé avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en réponse aux «violations» du cessez-le-feu par l’armée israélienne. «Tout le temps du monde " Malgré tout, M. Trump a dit s’attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent «dans les semaines à venir». Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d’une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah. Les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer «la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban» et entretenir un «dialogue intensif» avec les Etats de la région. Près de deux mois après son déclenchement le 28 février par Israël et les Etats-Unis, la guerre contre l’Iran continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril. Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain. Vendredi matin, les cours du pétrole ont encore progressé en Asie, avec le WTI à plus de 97 dollars et le Brent de la mer du Nord à près de 107 dollars. Donald Trump a assuré que le temps jouait contre Téhéran à mesure que se réduisent ses exportations de pétrole. «J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran», a-t-il écrit jeudi sur Truth Social. Troisième porte-avions Washington maintient une pression militaire, avec l’arrivée dans la région d’un troisième porte-avions, le George HW Bush. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit n’attendre que le feu vert des Etats-Unis pour reprendre les frappes. Donald Trump a cependant assuré ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, dont il avait menacé début avril d’"éteindre» la civilisation. «Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?», a-t-il déclaré en réponse à une question de journaliste à la Maison Blanche. Une première session de discussions irano-américaines au Pakistan le 11 avril s'était soldée par un échec. M. Trump a avancé des «divisions» au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die d’un second round qui avait été prévu cette semaine. En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux «un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin». Alors que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a succédé à son père Ali Khamenei -- tué aux premières heures de la guerre -- le New York Times a affirmé jeudi, citant des responsables iraniens sous couvert d’anonymat, qu’il avait été «grièvement blessé», notamment brûlé au visage, mais restait «vif d’esprit et actif». Les bureaux de l’AFP à Washington, Beyrouth, Jérusalem et Téhéran © Agence France-Presse