Les ETF se posent en concurrents des produits dérivés
Les investisseurs ont injecté 347 milliards de dollars (318,4 milliards d’euros) dans les fonds indiciels (ETF) à travers le monde en 2015, un record, selon un communiqué de BlackRock publié lundi à New York et détaillant les performances de sa filiale iShares. La collecte nette avait atteint 330,7 milliards de dollars l’année précédente. Les ETF ont ainsi connu une croissance sans précédent malgré la volatilité des marchés financiers en 2015. Ils représentent désormais un montant total d’encours évalué à environ 3.000 milliards de dollars.
Pour les seuls Etats-Unis, 2015 n’a toutefois pas été un millésime record avec des flux de 228 milliards de dollars sur les ETF contre 246 milliards l’année précédente, selon BlackRock. Les investisseurs ont en effet plutôt recherché les fonds indiciels orientés sur les actions en Europe et au Japon, où la classe d’actifs a bénéficié des politiques monétaires accommodantes menées par la BoJ et la BCE.
Les ETF huit fois moins coûteux pour les banques
Phénomène nouveau, l’utilisation des produits indiciels cotés par les investisseurs institutionnels comme substitut aux produits dérivés nourrit la collecte, même si sa part dans les flux reste encore marginale. Ces conversions auraient apporté à BlackRock 10 milliards de dollars l’an dernier, soit 8% des montants que le premier gestionnaire d’actifs au monde a attirés sur ses ETF. Le remplacement des futures et des swaps par des ETF, pratique qui a émergé en 2014, concerne avant tout les Etats-Unis (à 60%), mais gagne l’Europe.
«Un grand fonds de pension britannique a récemment acheté 300 millions de livres d’ETF pour remplacer des positions sur les futures, ce qui montre que la tendance est en train de prendre là-bas aussi», indique à Bloomberg Susan Chan, responsable d’iShares pour l’Asie-Pacifique.
Les réglementations (Volcker, Bâle 3) renchérissent le coût de l’activité bancaire dans les dérivés, et donc celui de ces produits pour l’investisseur final. BlackRock indique ainsi que les futures sur l’indice S&P500 reviendraient huit fois plus cher que ses ETF iShares Core S&P 500.
Numéro un mondial du secteur, iShares revendique au total une collecte de 130 milliards de dollars en 2015, dont 50 milliards, soit 54% des flux, sur les ETF obligataires. En Europe, BlackRock assure avoir drainé 42% des flux, pour une collecte nette de 34 milliards de dollars.
Plus d'articles du même thème
-
L’OCDE presse les Etats de miser davantage sur la retraite par capitalisation
Les actifs de retraite de la zone OCDE ont atteint 78.000 milliards de dollars fin 2025, selon l’organisation, qui constate un déficit de cotisations dans la quasi-totalité de ses pays membres. -
La croissance française devrait être encore revue à la baisse
Le gouverneur de la Banque de France a évoqué une légère révision à la baisse des prévisions de croissance alors qu’elles ont déjà été réduites à 0,4% pour 2026. L’ombre d’une récession plane alors que le gouvernement s'use dans les débats sur le budget 2027. -
Atland Voisin adapte son offre d’épargne immobilière
Acteur historique du marché des SCPI, Atland Voisin maintient une bonne dynamique de croissance malgré une concurrence forte des néo-SCPI. -
Gilles Guibout prend la tête des actions européennes de BNP Paribas AM
BNP Paribas Asset Management a nommé Gilles Guibout au poste de responsable des actions européennes, sous la responsabilité de Guy Davies, directeur des investissements et responsable global des actions actives fondamentales (Global Head of Fundamental Active Equity FAE). -
ABP a investi 500 millions d’euros dans les infrastructures
Le gestionnaire d’ABP, le plus important fonds de pension néerlandais, vient de conclure un nouveau partenariat avec un gestionnaire d'investissements spécialisé dans les infrastructures. -
Man Group lance ses premiers ETF Ucits actifs
La société de gestion alternative dévoile deux véhicules, qui vont se concentrer sur le suivi de tendance et les infrastructures.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Dette immobilière, le plus difficile reste à venir
- Amundi sort un trimestre solide mais sans records
- L'AMF demande aux fonds monétaires de relever leurs tampons de liquidité
- La Turquie coupe des têtes après le scandale dans son industrie des fonds
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
Contenu de nos partenaires
-
Sans filtreEmmanuel Macron vu par Françoise Degois : les SMS d’un président en détresse
Dans « Vous êtes tous trop durs avec moi » publié chez Robert Laffont, l’éditorialiste dévoile deux années d’échanges privés avec un Emmanuel Macron déterminé à défendre son bilan, envers et contre tous ceux qui l'ont abandonné -
Feu vertUne primaire de la droite ne changera rien aux comptes de campagne des candidats
Qu'elle soit ouverte ou fermée, une primaire ne répond pas aux mêmes règles de financement politique. Rien ne dit pour autant que le vainqueur d'un tel scrutin se verrait imputer les dépenses de ses concurrents -
« Attendons de voir » : le soulagement discret et sans illusion des Européens après le revers de Trump aux midterms
Les rares dirigeants européens qui se sont exprimés après les élections américaines de mi-mandat se sont plutôt félicités des résultats. Mais très peu s’attendent à un retour à la normale.