Les Etats-Unis soulignent les récents progrès de Pékin sur le yuan

A l’approche des élections de mi-mandat, l’administration Obama reporte la tension sur les pratiques commerciales de la Chine
Antoine Duroyon

Le calendrier électoral américain n’est pas sans effet sur les relations sino-américaines. Alors que les élections de mi-mandat sont fixées au 2 novembre, l’administration Obama a donné un peu d’air à la Chine sur la question des changes et porté une nouvelle attaque sur le plan commercial. Le Trésor américain a reporté vendredi soir la publication du rapport semestriel sur les politiques de change, un document qui pouvait formellement accuser la Chine de manipuler sa monnaie, au-delà du sommet du G20 de Séoul prévu les 11 et 12 novembre. Le ministère du Commerce chinois, qui s'était préparé à un rapport sans ménagement, avait appelé les Etats-Unis à ne pas faire du yuan un «bouc émissaire». Il avait également réservé ses critiques au Japon, estimant que son voisin a largement bénéficié du commerce bilatéral.

Loin d’un déluge de récriminations, le Trésor a souligné les progrès réalisés par Pékin dans sa politique de change. Le secrétaire d’Etat au Trésor Timothy Geithner «a salué les mesures prises par la Chine depuis début septembre pour accélérer le rythme d’appréciation de sa monnaie, tout en notant qu’il est important de maintenir cette évolution», indique le communiqué. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a jugé «essentiel que la Chine autorise le yuan à se renforcer par rapport à tous ses partenaires commerciaux, y compris l’Union européenne». Le yuan a progressé d’environ 2,8% depuis le 19 juin, date à laquelle la Chine avait renoncé au «peg» (parité fixe) entre yuan et dollar. Mise en veille pour le moment, la pression de Washington devrait se manifester de nouveau au G20 de Séoul, où les Etats-Unis entendent fédérer d’autres mécontents.

Dans l’immédiat, la tension s’est déplacée sur le terrain des pratiques commerciales chinoises, un thème politiquement porteur aux Etats-Unis. Le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les aides de Pékin aux fabricants de technologies vertes, à la demande du syndicat de la métallurgie. Le ministère chinois du Commerce a jugé les accusations du syndicat «infondées et irresponsables». Cette décision «adresse un mauvais signal protectionniste au reste du monde», a ajouté un porte-parole. Washington se réserve le droit de porter l’affaire devant l’OMC.

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