Les Etats-Unis pourraient encore détruire des emplois pendant six mois
Le retour à la croissance aura un effet plus marqué sur l’emploi américain que l’onéreux plan de soutien gouvernemental
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Violaine Le Gall
Le marché de l’emploi américain souffre toujours. Le taux de chômage vient de franchir le seuil longtemps redouté de 10%. Il ressort à 10,2%, son plus haut niveau depuis 1983. C’est une mauvaise surprise pour les économistes qui prévoyaient une progression plus lente du chômage. Pour octobre, ils tablaient en moyenne sur un taux de 9,9%, contre 9,8% en septembre.
Les destructions d’emplois continuent, elles, d’évoluer dans le bon sens. Certes, au nombre de 190.000 en octobre, elles sont supérieures de 9% à ce que prévoyaient les économistes. Mais elles ont tendance à diminuer. 188.000 postes ont été supprimés en moyenne ces trois derniers mois, contre un pic de 701.000 en février. «Les destructions d’emplois pourraient perdurer au quatrième trimestre 2009 et au premier trimestre 2010», avance Jean-Marc Lucas, économiste chez BNP Paribas. Les chefs d’entreprises augmenteront d’abord les horaires de leurs salariés avant de recommencer à embaucher.
Les progrès en matière de destructions d’emplois ne semblent pas devoir beaucoup au plan de soutien du gouvernement. La Maison Blanche a engagé 159 milliards de dollars pour soutenir l’emploi, ce qui lui a permis de sauver 640.000 postes, d’après un rapport publié par le gouvernement il y a une dizaine de jours. Or, plus de 7 millions d’emplois ont été détruits depuis le début de la récession. L’efficacité semble donc discutable. La sauvegarde de chaque poste a coûté 248.000 dollars, voire 531.000 dollars sur la base des 340 milliards de dollars dépensés dans le cadre du plan américain. Le retour à la croissance devrait avoir des conséquences plus nettes. «Les entreprises se remettront à créer des emplois lorsque le taux de croissance sur un an s’élèvera à environ 2%», estime Jean-Marc Lucas.
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