Les Etats-Unis hésitent à qualifier de systémiques les gérants d’actifs
Les gestionnaires d’actifs américains pourraient échapper à la qualification d’«institution systémique». Le FSOC (Financial Stability Oversight Council), créé par la loi Dodd-Frank de 2010 afin de prévenir une autre crise financière, a invité ses équipes à mener «une analyse plus approfondie» des activités et des produits de l’industrie de la gestion d’actifs, a annoncé le département du Trésor américain jeudi 31 juillet. Le conseil semble donc concentrer ses efforts sur des segments spécifiques de l’industrie et non plus sur des acteurs individuels comme c’était le cas jusqu’à présent. Cette déclaration est perçue comme une victoire par les gérants d’actifs qui récoltent les fruits de leur activité de lobbying afin de convaincre le FSOC qu’ils ne représentent pas –contrairement aux principaux acteurs bancaires et à certaines compagnies d’assurance– un risque systémique.
Tara McDonnell, porte-parole de BlackRock, numéro un mondial de la gestion d’actifs avec 4.594 milliards de dollars d’encours, a annoncé que la société sortait renforcée par la nouvelle approche adoptée par le FSOC. Laurence Fink, PDG de BlackRock a, quant à lui, mis en garde les autorités face aux risques liés aux ETF avec effet de levier qui représentent «un problème structurel qui pourrait mettre en péril l’ensemble de l’industrie».
Le changement d’orientation du FSOC intervient alors que fin juillet, la Securities and Exchange Commission a adopté une nouvelle réglementation sur les fonds monétaires après des années d’atermoiements. A ce sujet, le FSOC a précisé qu’il garderait un œil sur ces nouvelles normes, aux effets potentiellement majeurs pour cette industrie.
Depuis la publication, en octobre dernier, d’un rapport commandé par le FSOC mettant en évidence le risque systémique posé par les mastodontes de la gestion d’actifs, les relations entre le FSOC et la SEC se sont distendues. Le gendarme boursier, qui régulait jusqu’à présent l’industrie, risquait de perdre son pouvoir sur les plus importants gestionnaires d’actifs si ceux-ci étaient qualifiés d’«institutions systémiques». Les déclarations d’un membre de la SEC, Michael Piwowar, accusant mi-juillet le FSOC d’être «une vaste conspiration de gauche dont l’objet est d’empêcher la formation de capital» n’ont fait qu’envenimer les choses.
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