Les Etats-Unis connaîtront des phases de croissance plus courtes et volatiles
Le National Bureau for Economic Research (NBER) vient officiellement d’annoncer que la récession américaine avait pris fin en juin 2009. Le point haut de l’économie américaine ayant été atteint en décembre 2007, cette récession aura duré dix-huit mois, ce qui en fait la plus longue depuis 1945. En termes de perte de production, c’est aussi la plus sévère, avec une baisse du PIB de 4,1% à comparer à un recul de 3,2% dans les années 70 et de 2,6% dans les années 80.
En principe, une récession longue et profonde est suivie d’une période durable de croissance: l’économie dispose de larges capacités de production inutilisées permettant d’absorber le rebond de la demande, sans impact inflationniste. C’est ce qui s’est produit dans la phase d’expansion des années 80 et celle des années 90. Les récessions qui ont suivi ont été plus limitées, mais le manque de pressions inflationnistes dans l’économie mondiale - attribué à la globalisation - a néanmoins permis des phases de croissance particulièrement longues.
L’économie américaine a connu une phase de croissance de 92 mois dans les années 80, de 120 mois dans les années 90 et de 73 mois dans les années 2000. Des durées près de deux fois plus longues que la durée moyenne historique (42 mois depuis 1854). Mais beaucoup doutent qu’on puisse retrouver ce «Golden Age» de la croissance qui a duré de 1982 à 2007.
La plus grande menace pour le cycle actuel ne semble pas tant le risque d’inflation que l’insuffisance de la demande: les ménages - et désormais le secteur public - cherchent à réduire leur endettement. La croissance américaine devrait désormais être plus faible et surtout plus volatile, car beaucoup plus dépendante du cycle des investissements et du commerce mondial.
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