Le PIB américain a bondi de 3,5 % entre juillet et septembre, sous l’effet des primes à la casse et du retour de l’investissement résidentiel
Publié le
Tan Le Quang
Après l’Allemagne et la France, les Etats-Unis émergent à leur tour de la récession grâce aux mesures de soutien à l’économie délivrées sans ménagement par l’administration Obama. De fait, le PIB américain a bondi de 3,5% entre juillet et septembre, après avoir reculé de 0,7% lors du deuxième trimestre. Le consensus tablait sur un sursaut de 3,2%. Le chiffre a permis de retourner les marchés actions à la hausse.
Il faut remonter au deuxième trimestre 2008 pour observer une croissance américaine positive. Celle-ci permet de ramener la chute du PIB à -2,3%, en glissement annuel, contre -3,8% au deuxième trimestre.
Ce revirement a été nourri par les dépenses à la consommation en hausse de 3,4% en rythme trimestriel. Leur recul de 0,9% au deuxième trimestre faisait craindre sur le marché un rebond tardif du PIB. Alors que les biens durables ont crû de 22,3% sur la période, les achats de véhicules à moteur stimulés par les primes à la casse, ont contribué au PIB à hauteur de 1,66 point de pourcentage (pp). L’apport total des ménages atteint 2,4 pp.
Les surprises n’ont pas manqué. «Dans ce chiffre positif que nous attendions, les deux points essentiels sont le retournement de l’investissement logement et celui de l’investissement productif», précise Natixis AM. L’investissement logement a bondi de 23,3%, soit un apport de 0,5 pp. Les équipements et les logiciels, eux, progressent de 1,1%.
Pour les économistes de Nomura, la plus grande surprise est la chute, plus forte qu’attendu, des stocks. Les entreprises ont encore déstocké 130,8 milliards de dollars, après 160,2 milliards lors de la période précédente.
Le restockage pourrait donc être un facteur de soutien à la croissance dans les trimestres à venir. En revanche, d’autres éléments joueront en sens contraire. «40% de la hausse des dépenses de consommation provient des véhicules et reflète le coup de pouce transitoire de la prime à la casse. Avec le recul des ventes d’automobile au quatrième trimestre, les dépenses croîtront bien moins vite», note David Resler chez Nomura. La confiance des ménages s’est aussi dégradée en octobre. Et la reprise de l’investissement résidentiel est suspendue à la prolongation des aides fiscales mises en place par Washington.
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