Les Etats du Golfe détiendront 2.000 milliards d’actifs étrangers fin 2008

L’Institute of International Finance évalue le portefeuille des six Etats à au moins 1.800 milliards de dollars à fin 2007
Annelot Huijgen

Si les fonds souverains ont fait beaucoup parler d’eux, ce sont surtout les fonds des Etats du Golfe qui sont en cause. D’après une étude de l’Institute of International Finance (IIF), les actifs privés et publics que les pays réunis dans le Gulf Cooperation Council (GCC : Bahreïn, Koweit, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Emirats arabes unis) détiennent à l’étranger étaient de 1.800 milliards de dollars à fin 2007, et devraient atteindre près de 2.000 milliards en fin d’année. «Les prix élevés du pétrole ont permis aux gouvernements du GCC de soutenir leurs positions d’investissement à l’étranger, ce qui permettra de maintenir un même niveau de dépenses, au cas où le prix du brut baissera », remarque l’IIF.

L’institut estime par ailleurs l’excès de capitaux à 250 milliards de dollars en 2008, contre 215 milliards en 2007. Pour la période 2002-2006, la sortie des capitaux est estimée à 530 milliards de dollars : la destination de ces flux n’est pas révélée par le GCC, mais l’IIF pense pouvoir identifier 49 % des flux totaux. Les dépôts à la Banque des règlements internationaux ont diminué de 45 % à 27 %, « reflétant la tendance mondiale vers une désintermédiation et une importance grandissante des marchés des capitaux mondiaux dans l’allocation des actifs, comme les taux de dépôt peu élevés au cours de la période ». En revanche, le GCC est de plus en plus actif dans les fusions et acquisitions, y consacrant 15 % des fonds identifiés, contre 11 % en 2002. « L’appétit pour les actions américaines est toujours là, celles-ci restant la classe d’actifs la plus importante avec 29 % du total », ajoute le rapport.

« Une grande partie des capitaux non identifiés (271 milliards de dollars) est gérée par les autorités d’investissement publiques, qui ont des mandats plus libéraux que leur banques centrales respectives et semblent préférer les classes d’actifs plus risquées. Avec ce focus sur la croissance, l’allocation se fait de plus en plus en faveur des marchés émergents », note l’IIF. Au total, 300 milliards auraient été investis aux Etats-Unis. L’Europe aurait reçu 100 milliards de dollars, l’immobilier français, suisse et britannique étant très prisé. Quant à l’Asie, « les liens financiers avec le Golfe se sont manifestement resserrés », le total des investissements devant s’élever à 60 milliards de dollars.

Pour accéder au rapport, cliquer ici

http://www.agefi.fr/documents/1/1/200801/GCC.pdf

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