Les entreprises pourraient reprendre les offres d'échange de dette
Les établissements financiers ont repris les offres de rachat et d'échange de dettes depuis le quatrième trimestre 2011. Profitant de la forte décote sur leurs titres pour lancer ces opérations qui leur permettent de renforcer leurs fonds propres, ils ont racheté ou échangé 55,4 milliards d’euros de titres au quatrième trimestre 2011 et encore 43,3 milliards d’euros depuis le début de l’année, d’après la recherche crédit de Royal Bank of Scotland. Ces volumes marquent une nette reprise par rapport à 2010 et 2011, même s’ils restent quatre fois inférieurs au montant moyen repris chaque trimestre en 2009.
«La vague de rachat de titres super subordonnés est en train de se terminer, estime Sidney Studnia, responsable du liability management chez SG CIB. Mais des échanges de dettes seniors sont encore possibles, les banques cherchant à diversifier le refinancement de leurs échéances 2013-2014 et à réduire leurs frais financiers».
Des entreprises non financières pourraient à leur tour relancer des opérations d'échange ou accélérer leurs émissions pour améliorer leur flexibilité financière. «Les directeurs financiers cherchent à nouveau à se préparer à gérer des crises de liquidité après l’expérience de l’automne dernier», explique Alberto Gallo, responsable de la stratégie crédit Europe chez RBS. Les émetteurs vont eux aussi chercher à allonger les maturités de leurs dettes, comme ils l’avaient fait en 2009, après une longue période de quasi-fermeture du marché primaire.
Les deux injections de liquidités à trois ans de la BCE ont redonné de l’appétit aux investisseurs et une troisième opération de ce type étant incertaine, «les entreprises vont probablement utiliser au maximum le créneau actuel pour se refinancer ou lancer des offre d'échange», ajoute le spécialiste de RBS. L'événement de crédit sur la Grèce et le prochain débouclage des CDS, très largement anticipés, n’ont pas vocation à perturber le marché, d’après lui.
Après ArcelorMittal, Valeo, Virgin Media ou Stora Enso, d’autres groupes pourraient donc annoncer de telles offres. «Les entreprises ont beaucoup de cash et les directeurs financiers sont bien plus vigilants sur la volatilité de l’accès au financement», observe Alberto Gallo. Adecco, Wendel, Vivendi, Ericsson, Metro, PPR et les constructeurs automobiles, Renault, Peugeot, Volkswagen et Daimler, sont les dix candidats susceptibles de lancer des offres, d’après RBS.
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