Les entreprises non financières émettent à des taux historiquement bas
Le marché primaire du crédit se porte très bien car les émetteurs et les investisseurs y trouvent leur compte.
Les premiers empruntent à un coût historiquement bas. Saint-Gobain a par exemple émis 750 millions d’euros d’obligations à 10 ans pour un coupon inédit de 3,625 % pour une telle maturité. En septembre 2011, le groupe avait émis des titres à 4 ans et 7 ans, assortis de coupons de 3,5% et 4,5% respectivement.
«Les taux swaps à 5 ans restent très bas malgré la remontée de la semaine dernière, les spreads sur le marché secondaire se sont nettement resserrés depuis le début de l’année, et les primes d'émissions se sont fortement réduites, explique Franck Hergault, à l’origination corporate chez Crédit Agricole CIB. Alors qu’un émetteur noté BBB devait offrir environ 35 points de base de prime par rapport au marché secondaire en janvier, il se contente maintenant d’ajouter 10 pb.»
L’environnement permet aussi aux corporates d'émettre sur des maturités très longues. Veolia vient ainsi de placer 750 millions d’euros de titres à 15 ans. Signe de dynamisme du marché, les émissions nettes sont positives depuis janvier, après un volume négatif en 2011. Des groupes diversifient leurs sources de financement. Mercialys et Sanoma viennent de procéder à des émissions inaugurales.
Les investisseurs de leur côté se ruent sur la classe d’actifs. Même si les rendements offerts par les émetteurs sont historiquement bas, ils restent supérieurs à ceux des dettes des Etats européens les plus solides. Le risque paraît en outre maîtrisé. «70 % du taux d’un corporate européen est composé par son risque crédit, le solde étant le taux sans risque du Bund, explique Marie-Anne Allier, responsable de la gestion euro aggregate chez Amundi. Ceci peut couvrir un risque de défaut ou de dégradation».
Les investisseurs ont d’importantes liquidités à placer comme en témoigne la taille des livres d’ordres des dernières opérations: 4 milliards d’euros d’ordres ont été enregistrés pour l'émission de Mercialys de 650 millions d’euros. «Il y a clairement une pénurie de papiers corporates, reconnaît Marie-Anne Allier. C’est aussi ce qui a contribué au rally». La liquidité sur le marché secondaire reste d’ailleurs très limitée.
Si émetteurs et investisseurs profitent de l’embellie, les professionnels pointent cependant du doigt le risque de retour de bâton. «L’environnement économique reste très fragile», prévient un banquier.
{"title":"","image":"78086»,"legend":"\u00e9missions cr\u00e9dit»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Nagi Hamiyeh (Temasek) : « Nous sommes très impliqués dans le Scaleup Europe Fund »
Le président de Temasek Global Investments, l'entité de l'investisseur singapourien dédiée aux investissements directs mondiaux, détaille pour L'Agefi sa stratégie sur l'intelligence artificielle, ses paris dans le Golfe et son engagement pour l'innovation européenne. -
Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
Le directeur général délégué d'Amundi remplace Dominique Carrel-Billiard, qui quitte la société de gestion du Crédit Agricole. -
Un groupe d’institutions financières dont BlackRock et Fidelity lance une initiative sur la résilience du réseau Bitcoin
Le consortium soutiendra et financera les développeurs, chercheurs et organisations qui travaillent sur la sécurité du Bitcoin. -
La Caisse du Québec va co-investir dans des cultures permanentes en Australie
L’investisseur québécois, La Caisse, et Go.farm, un gestionnaire de placements agricoles australien, ont annoncé un nouveau partenariat stratégique d’investissement. -
Le NPS coréen accueille un douzième gérant étranger à Jeonju
Le fonds de pension public sud-coréen a mis en place une politique d'attraction de gestionnaires d'actifs dans la ville provinciale où il est installé, et a convaincu son gérant américain d'immobilier alternatif d'y ouvrir sa deuxième implantation en Corée. -
La caisse de retraite des médecins et dentistes italiens renforce ses investissements dans des fonds sur l'Italie
L’Enpam compte investir 250 millions d'euros dans l'économie italienne.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
- Une majorité d’ETF classés Article 8 détiennent des titres de fabricants d’armes
Contenu de nos partenaires
-
« Les aléas climatiques n'expliquent pas tout » : l’inarrêtable inflation des fruits et légumes
Depuis 2015, le prix des fruits a progressé de 54 % et celui des légumes de 62 %, selon l'association Familles Rurales. Une situation qui appelle à agir selon la présidente de la fédération nationale -
SécularisationEn Italie, les enfants d’immigrés se détachent des religions de leurs parents
Près d’un jeune issu de l’immigration sur quatre ne se reconnaît dans aucune religion selon une étude. Seul le catholicisme résiste, porté par son enracinement culturel et le rôle de l’Eglise dans l’intégration -
L'art de perdre« Si on double le score d’Hidalgo, ce sera un exploit » : comment toute la gauche hors LFI a intégré sa défaite en 2027
Plus que la présidentielle, jugée perdue d’avance, ce sont les législatives, voire les régionales de 2028, qui préoccupent des formations de gauche et écologistes passées en mode survie