Les entreprises françaises s’intéressent aux placements privés américains

Après Essilor et Safran, d’autres émetteurs européens pourraient tester ce marché dominé par des assureurs à la recherche de crédit de qualité
Violaine Le Gall

Entre le resserrement des financements bancaires et les fermetures intermittentes du marché obligataire en euro, le marché des placements privés américains (USPP) pourrait bien constituer une nouvelle source de financement significative pour les entreprises européennes en 2012. Après Essilor en janvier, Safran vient de lever 1,2 milliard de dollars de dettes auprès des assureurs américains, qui sont les principaux investisseurs sur ce marché. En 2011, les émissions de corporates européens y ont bondi de 50 %. Elles ont représenté 17 % des 45 milliards de dollars émis l’an dernier.

Cette proportion pourrait grandir cette année car les avantages de ce canal de financement sont nombreux. «Il est ouvert en permanence car les investisseurs américains tels que Met Life, Pricoa ou John Hancock ont un besoin constant d’investir dans du crédit», explique Clémence Berroëta, en charge de l’origination dette et spécialiste des placements privés chez Crédit Agricole CIB.

Ensuite, les conditions de financement en dollar sont actuellement attractives par rapport à l’euro. Le marché des USPP est par ailleurs ouvert à des groupes de plus petite taille que le marché obligataire européen. Les émissions y sont comprises entre 75 millions de dollars et 1 milliard. Enfin, les emprunteurs n’ont pas besoin d'être notés par une agence de notation pour venir sur ce marché. Un avantage pour ceux qui ne souhaitent pas l'être ou pour qui une notation se révèle trop coûteuse compte tenu de leur taille.

«Ce marché répond bien aux problématiques des entreprises de taille intermédiaire», souligne Hugues Delafon, responsable de l’origination obligataire corporate chez Crédit Agricole CIB.

Le secteur des USPP n’est toutefois pas ouvert à tous les corporates européens. Même si la notation par une agence n’est pas nécessaire, les investisseurs sont sensibles à la qualité de crédit. Seules les sociétés dont le profil financier correspond à la catégorie investment grade peuvent les solliciter. La crise de la zone euro les a en outre poussés à plus de prudence.

«Dans le contexte actuel de crise en Europe, les investisseurs américains affichent une préférence pour les sociétés qui possèdent des actifs aux Etats-Unis, pour une meilleure protection en cas de faillite de l’émetteur», explique Clémence Berroëta. Enfin, les investisseurs se focalisent sur des maturités plutôt longues de 7 à 12 ans.

{"title":"","image":"77911»,"legend":"spreads des \u00e9missions»,"credit":""}

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...