Les émissions obligataires non financières reprennent de la vigueur
Lancée la semaine dernière, la nouvelle vague d’émissions obligataires devrait se poursuivre dans les jours à venir. Pas moins de 11 milliards de dettes libellées en euros ont été levés sur le marché par des groupes non financiers. Un volume comparable aux semaines records du mois de janvier.
Très concentrés sur les secteurs défensifs, les investisseurs s’ouvrent peu à peu. Des sociétés de la catégorie «BBB», de domaines d’activité variés, sont venues sur le marché la semaine dernière, à l’image de la compagnie aérienne Lufthansa et du cimentier Holcim. Ce dernier a levé 500 millions d’euros avec une prime de 625 points de base (pb) au-dessus des taux mid-swaps. Le coupon de 9% a permis à l’opération d’être bien accueillie.
La semaine qui commence s’annonce encore riche en émissions. Hier, Bayer a émis 1,3 milliard d’euros d’obligations pour une prime de 190 pb par rapport aux taux mid-swaps. «La dernière émission de Bayer remonte à mai 2006, rappelle Jean-Luc Lamarque, responsable de la syndication obligataire chez Calyon. A l’image de ce groupe, d’autres émetteurs qui n’ont pas levé de dettes obligataires depuis longtemps, pourraient encore animer le marché à l’avenir. Par ailleurs, des émetteurs de secteurs plus «cycliques», comme Holcim, ont de nouveau accès au marché, certains autres noms pourraient suivre prochainement.»
Contrairement au mois de janvier, le dynamisme sur le marché primaire ne s’accompagne pas d’une solide performance des récentes émissions. Les obligations lancées la semaine dernière ont affiché des «performances limitées», à savoir un resserrement des spreads de 0 à 10 pb, «en dépit des primes de risque offertes», indique la recherche crédit de Natixis. «Nous tablons sur une nouvelle hausse des primes», avancent les stratégistes de Société Générale. Une augmentation nécessaire afin d’assurer le bon déroulement des émissions et, donc, l’accès des entreprises au financement.
Mais pour Groupama AM, les rendements offerts, qui approchent 9% pour certains émetteurs, sont «plus inquiétants qu’attractifs». De fait, «la capacité des entreprises industrielles à soutenir ce coût dans un environnement de récession généralisé est certainement très faible», a expliqué hier Philippe-Henri Burlisson, responsable de la gestion taux chez Groupama AM, lors d’une conférence.
Plus d'articles du même thème
-
ASML revoit à la hausse ses prévisions pour 2026
Le fournisseur néerlandais d'équipements clé dans la fabrication de puces informatiques, porté par la demande croissante liée à l'intelligence artificielle, prévoit d'augmenter sa capacité de production de 30% en 2027 et 2028. -
La collecte de Moonfare se distingue dans un marché peu porteur pour les levées de fonds
La plateforme facilitant l'accès aux marchés privés pour les family offices et la clientèle privée fortunée réalise son meilleur semestre depuis 2022. Les souscriptions dans les fonds propriétaires ont plus que doublé. -
Eurazeo va participer au refinancement de Forsee Power porté par FCAP Investors
Face à un marché tendu, le spécialiste des batteries Forsee Power s’appuie sur Eurazeo et le fonds singapourien FCAP pour une levée de 20 millions d’euros. -
Les fonds souverains investissent de plus en plus dans l'intelligence artificielle
Entre juillet 2024 et fin 2025, près d'un tiers de la valeur des investissements réalisés par les fonds souverains a été consacré à l'intelligence artificielle. -
La croissance chinoise est au plus bas depuis trois ans
Le PIB du pays a progressé de 4,3% au deuxième trimestre après une augmentation de 5% lors des trois premiers mois de l’année. La croissance reste en outre portée par les exportations. -
Le prix du pétrole poursuit son rebond au-delà de 80 dollars
Les tensions ne retombent pas au Moyen-Orient et tirent les cours de l'or noir à la hausse.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Au boulot !Manpower : « Nous avons 20 000 missions d'intérim et 6 000 CDI à pourvoir »
Les entreprises continuent d'offrir des postes qui ne trouvent pas preneur. Décryptage avec Benoît Derigny, le président de ManpowerGroup France -
Peut mieux faireFace à une croissance qui ralentit, la Chine voudrait relancer la demande intérieure
Alors que le PIB chinois a enregistré son pire résultat depuis 2022, Pékin met sur la table son premier plan quinquennal consacré à la consommation -
Un monde sans assurance est une économie sans souveraineté – par Jean-François Cousin
Face à la montée des cyberattaques et des catastrophes climatiques, les PME françaises sous-assurées fragilisent l’économie locale et plongent l’Etat dans un rôle d’assureur à haut risque