«Les émissions en euros sont redevenues plus attractives qu’en dollars»
L’Agefi: Les émissions obligataires des entreprises se sont multipliées ces dernières semaines. Considérez-vous que la tendance va se poursuivre ?
Samir Bederr: C’est probable pour trois raisons. Premièrement, les spreads se sont très fortement réduits, du fait d’une demande toujours soutenue, permettant à certains émetteurs de payer une prime historiquement faible. Ensuite, les taux absolus sont aussi historiquement faibles, rendant le coût de l’argent très bas, ce qui est une aubaine pour les emprunteurs. Enfin, la base euro/dollar est revenue en faveur de l’euro, rendant cette devise d’émission plus attractive que d’autres marchés, notamment le dollar qui a absorbé un volume historique d’émissions au premier semestre de cette année.
Dans ce contexte, quelle stratégie d’investissement suivez-vous sur cette classe d’actifs?
Nous restons à l’écart des émissions aux spreads extrêmement faibles tant le potentiel de resserrement nous semble inexistant. Ces primes si faibles illustrent pour nous le prix de la peur ou les contraintes que peuvent avoir certains investisseurs face à la crise de l’euro. Ce phénomène est amplifié par le fait que nombre d’investisseurs ont encore beaucoup de liquidités à investir. Nous adoptons une approche très sélective concernant le primaire, et nous exigeons une prime minimum, sans écarter, par principe, d’émetteurs de l’Europe du Sud. Plus que jamais la notion de risque/rendement nous semble fondamentale, et si le manque de visibilité que traversent les marchés focalise l’attention sur le numérateur, il ne doit pas faire oublier le dénominateur dans ce rapport.
{"title":"","image":"78688»,"legend":"panel cr\u00e9dits»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Le panel de L’Agefi voit les taux de plus en plus élevés
Les prévisionnistes interrogés par L’Agefi ont relevé leurs prévisions de taux à 10 ans pour toutes les géographies dans six mois, mais pas toutes dans des proportions importantes. Ils annulent également a priori la perspective d’une baisse de taux de la Fed avant fin octobre. Et remontent un peu leurs espoirs pour le yen. -
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs. -
La BCE donne rendez-vous pour une hausse de taux en juin
Alors que les marchés font déjà une large partie du travail de durcissement des conditions financières en anticipant trois hausses de taux cette année, la présidente Christine Lagarde a insisté sur la nécessité d’une "fonction de réaction" de la BCE face à l’inflation. Elle a seulement évité d’ajouter «quelle que soit la suite». -
Les gérants maintiennent leur allocation défensive
Les actions pèsent toujours 48 % des portefeuilles, tandis que l’obligataire progresse d'un point à 43 %, au détriment de la poche de liquidités à 3 % (-1 point).
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
Contenu de nos partenaires
-
MultirécidivistePrésidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut du second tour, pour la quatrième fois
Dimanche, au 20 heures de TF1, Jean-Luc Mélenchon devait officialiser sa quatrième candidature à la présidentielle. Un départ anticipé, devenu sa marque de fabrique, avec en ligne de mire ce duel de second tour, sans cesse prophétisé mais jamais concrétisé, face au RN -
Matignon, on a un problèmeCroissance nulle : le crash budgétaire menace
Avant même l'impact de la guerre au Moyen-Orient, la croissance a calé au premier trimestre. La (mauvaise) nouvelle a surpris Bercy. Les hypothèses du gouvernement sont déjà hors d'atteinte. La pression monte sur le Premier ministre -
EditorialCarburants : TotalEnergies, plus responsable que toute la classe politique
Dans un concert d'impostures, TotalEnergies maintient le plafonnement de ses prix, alerte sur une possible crise de l'approvisionnement, prépare l'avenir en consacrant un tiers de ses investissements aux énergies bas carbone, s'affirme comme un acteur clé de la souveraineté énergétique française