Les émissions d’hybrides par les corporates s’annoncent soutenues en 2013
Le marché de la dette hybride corporate a démarré l’année sur les chapeaux de roue tant du point de vue de la performance que des volumes d’émission. Toutes devises confondues, les émissions de corporates hybrides depuis le début de l’année se chiffrent déjà à environ 10 milliards équivalent euros, ce qui est supérieur aux volumes observés sur l’ensemble de 2012 et non loin du record de 2010, soulignent les analystes de Natixis dans une note récente.
«La principale raison est à rechercher du côté de l’environnement de taux, explique Thibaut Cuillière, responsable de la stratégie crédit chez Natixis. En effet, les rendements historiquement faibles atteints par les obligations corporates non financières en début d’année obligent de nombreux investisseurs à chercher des alternatives à la diminution du rendement moyen de leur portefeuille. En particulier, les assureurs vie ne se satisfont pas des 2 %, voire 2,5% de rendement atteint par la dette corporate, et cherchent des produits permettant d’espérer au minimum 3% de rendement tout en conservant une notation investment grade et en respectant les contraintes de Solvabilité 2.» Pour les émetteurs, la dette hybride a pour principal avantage d’être assimilable aux fonds propres selon les normes IFRS.
L’attrait des dettes hybrides comme alternative d’investissement s’est manifesté dans les coupons trouvés lors des récentes émissions avec Veolia (4,450% à maturité 2018), EDF (4,250 % et 5,375 % à échéance 2020 et 2025), et Telekom Austria (5,625% à maturité 2018). Ces niveaux de rémunération sont largement supérieurs à ceux observés pour les corporates des pays cœur de l’Europe. Depuis leur émission, ces nouvelles dettes affichent un resserrement de leur spread d’environ 24 points de base par rapport à la moyenne du marché. Ce resserrement est nettement supérieur à celui observé sur les dettes senior non financières.
Mais cette performance globale cache de fortes disparités.Sur le marché secondaire, l’obligation perpétuelle de Veolia à horizon 2018 a ainsi été pénalisée par l’émission des obligations EDF. Pour 2013, Natixis identifie plusieurs émetteurs potentiels qui pourraient avoir besoin de préserver ou de renforcer leur structure financière et ainsi opter pour l’émission d’ hybrides tels que Saint-Gobain, Alstom, Pernod Ricard ou Enel. Certains comme GDF Suez et KPN ont d’ailleurs indiqué envisager une émission de ce type.
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