« Les émissions devraient retrouver un rythme plus soutenu »
Philippe Berthelot, directeur de la gestion crédit chez Natixis Asset Management
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Laure Closier
L’Agefi: les émissions de crédit se sont quasiment arrêtées. Pensez vous qu’elles vont repartir rapidement?
Philippe Berthelot: La dislocation des marchés de dettes souveraines et le doublement de la volatilité implicite des marchés actions (à plus de 40%) ont été antinomiques avec un marché primaire animé. Compte tenu du probable apaisement des craintes, qui découle de la coordination des autorités européennes en plus du FMI, et de l’ampleur du plan récemment annoncé, on devrait assister à un retour progressif des émissions sur un rythme plus soutenu (15 à 20 milliards d’euros par mois).
Quelle va être votre exposition sur la classe d’actifs d’ici à la fin du mois?
La «japonisation» potentielle des économies européennes, c’est-à-dire une croissance anémique combinée à des taux directeurs bas plus longtemps que prévu, est, de facto, un environnement idoine pour la dette obligataire privée. L’effet d’éviction, jadis menaçant pour la classe d’actifs, est plus que mitigé par la monétisation des dettes souveraines via l’achat d’obligations d’Etats par la BCE. Nous anticipons un surcroit pérenne de la volatilité sur l’ensemble des classes d’actifs risquées mais la publication des résultats en hausse de plus de 50% et la baisse continue des défauts nous incite à demeurer positifs à moyen terme sur ce type d’investissement. Toutefois, le statut de «valeur refuge» dont bénéficie l’ensemble de la dette privée face à la dette souveraine nous semble fallacieux; à titre d’exemple, France Télécom a un spread plus serré que celui de l’Etat français sur le marché des CDS à 5 ans: 50 points de base contre 65!
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”.
Le document a été présenté et publié vendredi. Si le diagnostic est consensuel, les remèdes évoqués font débat. Pour Maria Luis Albuquerque, commissaire chargée des services financiers et de l’Union de l’épargne et des investissements, la tâche à venir la plus ardue sera de parvenir à changer les mentalités.
La «Visa Stablecoin Platform» permettra la détention, l'échange et l'émission de stablecoins. Elle sera accessible en version bêta à une sélection de clients dans un premier temps.
L’Autorité des marchés financiers objective dans un document de travail l’attrition de la place de Paris, chiffrant la baisse du nombre d’émetteurs sur Euronext Paris et Euronext Growth, ce marché enregistrant un recul depuis 2024.
La filiale de gestion d’actifs du groupe BPCE veut combler son retard en lançant ses premiers ETF actifs sur le marché européen d’ici la fin de l’année tout en développant son offre sur le non-coté.
L’exécutif étudie une baisse de 10 centimes par boîte du prix du paracétamol. Une idée qui ferait économiser 30 millions d’euros à l’Assurance maladie sur un an
Le sort du projet de loi destiné à venir en aide aux agriculteurs est suspendu à un article permettant le retour de l'acétamipride. Les députés du groupe de Gabriel Attal demandent au Premier ministre de tenir ses engagements et de sortir du texte la question des pesticides