Les émissions de titrisations ont fortement chuté au premier trimestre

Près de 44 milliards d’euros, essentiellement de RMBS, ont été émis depuis le début de l’année contre 84 milliards d’euros il y a un an
Solenn Poullennec

Le volume d’émissions de tous les types de titrisations a radicalement chuté au premier trimestre selon Fitch. L’agence de notation assure que cette évolution est largement due aux opérations à trois ans de la Banque centrale européenne (LTRO) qui ont permis aux banques de se refinancer en décembre et février derniers.

Le volume global des émissions de titrisations s’est élevé à 44,4 milliards d’euros (via 38 transactions) au cours des trois premiers mois de l’année dans la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMA). C’est presque moitié moins qu’un an plus tôt, quand le volume était de 84,3 milliards d’euros (via 42 transactions). Les émissions retenues ou apportées à la BCE représentent la majorité des opérations avec 26 milliards d’euros contre environ 18 milliards d’euros cédés à des investisseurs.

Toutes les catégories de titrisations ont connu une baisse des volumes d’émissions, selon le palmarès de Fitch. Les obligations adossées à des prêts immobiliers résidentiels (RBMS) ont constitué la classe d’actifs la plus prisée avec 33 milliards d’euros d’émissions (contre 54 milliards un an plus tôt). Très loin derrière arrivent les titrisations liées à la consommation (ABS) et aux entreprises (CDO). Les volumes d’émission ont atteint respectivement 6,6 milliards d’euros (contre 15,6 milliards) et 4,1 milliards d’euros (contre 7 milliards).

Les émissions de titrisations des pays périphériques ont souffert des dégradations souveraines. Au Portugal, elles ont baissé de 85% et en Espagne de 70% à 5,2 milliards d’euros. La chute est aussi spectaculaire aux Pays-Bas, marché phare de la titrisation, avec un volume d'émissions en baisse de 80%, à 5,1 milliards d’euros. En revanche, les émissions en Italie ont augmenté de 145% pour atteindre 14,3 milliards d’euros, grâce à 11 RMBS, tous utilisés pour se refinancer auprès de la BCE qui a annoncé l’assouplissement de ses critères de nantissement avant les LTRO. Les banques françaises sont, quant à elles, sorties à trois reprises sur les marchés (avec un RMBS, un CDO de PME et un Auto ABS).

Alors que les régulations européennes, comme Solvabilité 2, risquent d’être défavorables aux titrisations, Fitch estime que «la reprise de ce qui est une source de financement essentielle pour les banques est très vulnérable». Mais l’agence positive en soulignant que les investisseurs américains et japonais sont intéressés par les titrisations européennes.

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