Les émissions de dettes structurées n’échappent pas à la frilosité sur le crédit
Au mois de janvier 2010, les émissions de dettes structurées ont atteint 10 milliards d’euros, soit deux fois plus qu’en janvier de l’année dernière. Un engouement qui laissait penser à une poursuite du mouvement, après une année 2009 particulièrement soutenue. Mais c’était sans compter sur la Grèce qui à partir de février a emmené l’Europe dans la tourmente, mettant à mal la confiance sur le marché du crédit. Le début du mois de mai a même vu le marché de la dette corporate se fermer.
«Pas une seule opération sur le marché corporate libellé en euros n’a eu lieu la semaine dernière, pire (…) la dernière opération sur de la dette senior bancaire date d’il y a exactement un mois», s’inquiètent les stratégistes de SG CIB.
Pour la dette structurée, pas d’exception. Après un mois de janvier très soutenu, les émissions se sont écroulées à un peu plus de 2 milliards d’euros. C’est six fois moins qu’en février 2009. Le mois de mars n’a pas fait beaucoup mieux, avant une légère reprise en avril autour de 4 à 5 milliards d’euros. «Pour l’instant, les émissions ont été de 4 milliards d’euros par mois en moyenne. C’est légèrement plus qu’en 2008, mais beaucoup moins qu’en 2009 avec 7 milliards d’euros en moyenne par mois», explique Barclays Capital dans son point hebdomadaire.
Dans le détail, les émissions avec option de remboursement anticipé représentent toujours la plus grosse part d’émissions, soit 80% des dettes structurées en 2010. Les émissions à taux fixe priment sur le taux varibale. Barclays observe cependant qu’«en avril les émissions d’obligations à taux variable sans option de remboursement anticipé, indexées sur l’Euribor et offrant des coupons plafonnés, ont augmenté, reflétant une position plus défensive des investisseurs».
Bien que les émissions d’obligations structurées en 2010 soient pour l’instant décevantes, la confiance n’a cependant pas totalement disparu. En effet, signe positif, selon BarCap la moitié des émissions de dettes structurées depuis janvier sont sorties sur des maturités à moyen terme (6 à 10 ans). En 2008, presque les deux tiers se situaient sur du court terme. Au regard des variations saisonnières sur les deux années précédentes, Barclays pense qu’«il peut y avoir une reprise des émissions en juin», d’autant qu’après l’annonce de mesures de liquidité et le programme d’achat de titres d’Etat par la BCE, le contexte semble plus favorable.
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