Les émetteurs profitent de rendements historiquement attractifs

Le coupon nul obtenu par GDF Suez sur son émission de dette à 2 ans témoigne du choc provoqué par l’annonce du QE sur le marché en euro.
Patrick Aussannaire

Les investisseurs s’adaptent à l’écrasement des rendements en zone euro, dû à la politique ultra-accommodante de la BCE. Malgré des coupons offerts historiquement faibles, BNP Paribas, HSBC, Bank of America ML, Barclays et Crédit Agricole CIB n’ont eu aucun mal à trouver à trouver des investisseurs intéressés par l’émission multitranche en euro réalisée mercredi par GDF Suez. Avec un carnet d’ordres de 6,25 milliards émanant en majorité de gérants d’actifs, le groupe français noté «A/A1» a pu facilement atteindre son objectif de 2,5 milliards en arrachant même un coupon nul sur la tranche à 2 ans, soit un spread de 2,5 pb par rapport au taux mid-swap.

Les autres tranches à 7, 11 et 20 ans sont ressorties à des niveaux de spreads de respectivement 15 pb, 30 pb et 48 pb. Sur les quatre tranches d’une maturité moyenne légèrement supérieure à 10 ans, GDF Suez a ainsi concédé un taux moyen de 0,85%, qui aurait été bien supérieur s’il avait émis une seule tranche à 10 ans. Il offre néanmoins 34 pb de plus que le rendement du Schatz allemand et 24 pb par rapport à celui de l’OAT sur la tranche à 2 ans.

«Le seul moyen pour les gérants qui disposent de fortes liquidités de rémunérer leur portefeuille est de se porter sur les papiers à spreads», explique Paul Santucci, directeur de l’origination corporate DCM chez HSBC France.

Cette semaine, Schneider Electric, également noté en catégorie simple «A» («A3»), a émis 750 millions d’euros à 10 ans avec un coupon de 0,875%, soit 30 pb au-dessus du taux midswap. Le groupe américain Berkshire Hathaway noté «Aa2/AA» a même réalisé hier sa première émission euro pour un montant de 3 milliards en trois tranches, rejoignant la cohorte d'émetteurs américains qui se ruent sur le marché en euros depuis janvier. Les coupons assortis aux tranches à 8, 12 et 20 ans ont également été faibles à 0,9%, 1,34% et 1,75%.

Signe de la course au rendement de la part des investisseurs, même la banque islandaise Arion Bank, notée BB+, n’a eu aucun mal à trouver preneur pour lever 300 millions d’euros à 3 ans. Le carnet d’ordres deux fois supérieur à l’offre a permis à l’ex-Kaupthing Bank de resserrer le niveau de spread de 15 pb, à 310 pb au-dessus du taux midswap, soit un coupon de 3,125%. C’est la première fois qu’une banque islandaise réalisait un emprunt benchmark depuis 2008 et le défaut généralisé du secteur.

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