Les émetteurs occidentaux se convertissent au marché des «sukuks»
La finance islamique a le vent en poupe. Soutenu par Abu Dhabi Islamic Bank, National Bank of Abu Dhabi, Emirates NBD Capital et NCB Capital, Goldman Sachs a émis hier ses premières obligations conformes au droit religieux islamique («sukuk») pour un montant de 500 millions de dollars par l’intermédiaire de sa filiale «Jany Sukuk».
De maturité 5 ans, ces obligations notées «A -» par S&P et Fitch sont ressorties à un spread de 90 pb au-dessus du taux mid-swap, grâce à un carnet d’ordres de 1,5 milliard. Un niveau à peine plus élevé que les 73 pb payés sur l’obligation traditionnelle de la banque cotée sur le marché secondaire et de même échéance.
Un succès qui pourrait permettre à la Société Générale de finaliser son projet d’émission d’obligations «sukuk» à 5 ans en Malaisie, libellées en devises locales pour un montant cible de 150 millions de ringgits (36 millions d’euros) prévu depuis mai dernier, selon Bloomberg.
Les Etats occidentaux manifestent également un intérêt croissant pour ce type d’émissions. Le Luxembourg a mandaté HSBC et BNP Paribas comme coordinateurs et teneurs de livres, accompagnés par la Banque Internationale à Luxembourg et QInvest, pour préparer une émission d’obligations islamiques libellées en euros. Un bon moyen de diversifier ses sources de financement, explique le ministère des finances du pays noté AAA. L’Etat sud-africain serait quant à lui en train de finaliser une émission de sukuks d’échéance mars 2020 qui devrait ressortir aujourd’hui à un spread de 190 pb au-dessus du taux mid-swap, soit 20 pb de plus que celui des obligations souveraines de maturité identique, selon IFR.
En juin, le Royaume-Uni a été le premier Etat non islamique à vendre des sukuks cette année pour un montant de 200 millions de livres. Une émission à 5 ans qui avait rassemblé un carnet d’ordres de 2,3 milliards de livres. La semaine dernière, c’est Hong-Kong qui a placé ses premières obligations islamiques à 5 ans d’un montant d’un milliard de dollars à un taux de 2,005%. L’opération a réuni un carnet d’ordres de 4,7 milliards provenant de 120 investisseurs institutionnels internationaux.
Après avoir atteint un record de 83 milliards de dollars sur l’année 2012, les émissions de sukuks sont tombées à 64 milliards l’an dernier. Elles pourraient néanmoins revenir à 70 milliards sur 2014, selon les estimations de Moody’s.
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