«Les émetteurs industriels nous semblent chers»
L’Agefi: Quelle analyse vous a conduits à changer votre exposition de neutralité à surpondérer?
Hervé Boiral: L’été dernier, l’accélération de la crise souveraine nous avait amenés à adopter une politique prudente. Le bêta global des fonds avait ainsi été réduit alors que la volatilité était à son paroxysme.
Puis, l’automne a vu nos dirigeants politiques européens faire converger leurs efforts pour trouver une solution à l’imbroglio grec. Cette volonté politique de sauver l’euro, enfin assortie de mesures concrètes, fut pour nous le premier pas vers une sortie progressive de crise. Le déclic fut donné par l’annonce du LTRO en décembre, inondant le marché de liquidités à bon compte.
La conjonction de fondamentaux positifs (résolution politique en vue), d’éléments techniques favorables (retour en grâce des pays périphériques) et le retour de la liquidité (réouverture du primaire) nous a donc amenés à accroître notre exposition.
Par ailleurs, quelle est votre stratégie ?
Alors que le marché restait inquiet sur le refinancement des banques pour 2012, la LTRO de la BCE a levé ces incertitudes. Au sein de l’univers «investment grade», notre préférence va donc aux financières, des émissions seniors ou lower tier, en privilégiant les grandes banques à réseau.
En comparaison, les émetteurs industriels nous apparaissent chers, d’autant plus qu’ils seraient les premiers à souffrir si la croissance venait à flancher.
La prudence reste de mise, les grands déséquilibres macroéconomiques n’étant pas pour l’instant résorbés en Europe. Il ne faut donc pas s’attendre à un long fleuve tranquille d’ici à fin 2012.
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