Les émetteurs high yield européens sous la menace d’une pluie de dégradations

Leur taux de défaut devrait toutefois rester stable autour de 3%, selon Moody’s. Les volumes d’émissions devraient baisser après deux années records
Benoît Menou

La crise de la dette souveraine en zone euro a trouvé une nouvelle zone d’influence naturelle. En l’occurrence, selon une note de Moody’s, le marché du crédit des émetteurs non financiers à haut rendement en zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique). Faute d’une «résolution rapide et durable» de cette crise, l’agence mise sur un «recul» des volumes d’émissions en 2012 après deux années records.

Les émetteurs devront savoir tirer parti de «fenêtres d’opportunité», l’accès au marché devant se révéler «plus difficile qu’au premier semestre 2011» pour les plus mal notés. Quant à ceux évoluant à la lisière de la catégorie investisseurs, qui concentreront l’essentiel des besoins de refinancement, ils pourront selon Moody’s «globalement conserver leur accès aux marchés de capitaux moyennant toutefois des coûts plus élevés». Le second semestre 2011 a été caractérisé par une fermeture effective du marché, ce qui ne l’a pas empêché d’afficher un niveau inédit de 70 milliards de dollars d’émissions sur l’année, au-delà du précédent record de 65 milliards enregistré en 2010.

Et la «fragilité persistante du contexte macroéconomique» ne manquera pas selon Moody’s d’entraîner une hausse «sensible» du nombre de mesures de notation défavorables, mises sous surveillance ou dégradations. Une évolution déjà perceptible au trimestre écoulé, avec des dégradations 4 fois plus nombreuses que les relèvements, contre un ratio de 1,6 au troisième trimestre.

Pour autant, le scénario de base de l’agence ne laisse pas envisager d’évolution en 2012 du taux de défaut des émetteurs high yield non financiers en zone EMEA. L’an dernier, avec cinq défauts, ce taux a été inférieur à 3%, après avoir dépassé les 11% un an auparavant. Le «scénario pessimiste» de l’agence, marqué par une dégradation d’un profil de liquidité des sociétés «pour l’instant solide», évoque tout de même un doublement du taux de défaut cette année.

Pourtant, face à des banques «de plus en plus sélectives en matière d’offre de crédit», les émetteurs «vont encore chercher à refinancer leur dette bancaire sur les marchés de crédit». De quoi selon Moody’s donner l’avantage aux investisseurs, qui devraient bénéficier de conditions plus favorables, tant en termes de rendement que de structure des émissions, de la part d’émetteurs faisant face à une «raréfaction des possibilités de financement».

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