«Les émetteurs français représentent 30% des nouvelles émissions»
L’Agefi: Quelle est la position des émetteurs français sur le marché du crédit?
Anne Velot: Depuis le début de l’année, on assiste à une réouverture des marchés primaires, et en particulier sur les noms français, qui représentent à ce jour près de 30% des nouvelles émissions. Ils saisissent ici une opportunité de refinancement à bas coût au vu du niveau absolu des taux, et ont aussi pris note des programmes ambitieux de deleveraging des banques françaises. Elles cherchent à maintenir des bilans liquides avec un accès à des sources de financement les plus diversifiées possibles. Cela aide à renforcer leur profil financier, mais, au-delà de cette tendance, les divergences sont fortes à travers les secteurs et les émetteurs individuels. D’une manière générale, les spreads des émetteurs français ont une sensibilité aux évolutions de la crise souveraine supérieure à celle de leurs homologues allemands, anglais ou scandinaves, en phase avec la récente tension sur la prime de risque de la France vis-à-vis de celle de l’Allemagne.
Pourquoi êtes-vous passés de surpondérer à sous-pondérer?
Nous avons mis en place ces dernières semaines des portefeuilles plus défensifs, en anticipation de ces moments d’incertitudes. Celles-ci sont pour certaines en voie de se dissiper et pourraient offrir un répit à court terme, notamment parce que la plupart des investisseurs crédit ont adopté cette prudence, forts de l’expérience de 2011, et que par conséquent les pressions vendeuses ont été modérées. Les enjeux fondamentaux restent énormes pour la zone euro et la performance à venir dépendra de la cohérence de la réponse politique.
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