Les émetteurs français monopolisent le marché primaire obligataire
Les signatures de l’Hexagone ont monopolisé le marché primaire du crédit en euro en avril. Legrand, Gecina, Vivendi, Peugeot, RCI Banque et Galeries Lafayette font partie de ceux qui ont émis des obligations nouvelles. Les émetteurs français ont en effet préféré venir sur le marché avant le premier tour de l'élection présidentielle en France. Cet élément a été particulièrement important pour les groupes non notés et pour ceux qui avaient un besoin immédiat de financement, les plus sensibles à une hausse des rendements.
«Notre recommandation pour les émetteurs est à présent d’attendre que le deuxième tour soit passé et que la volatilité se calme, indique Maxime Paran, responsable de l’origination pour la France chez ING. Il n’y a pas de panique chez les investisseurs, mais certains allègent leur exposition aux corporates français à court terme. Cette approche peut être tactique. Ils considéreront un écartement des spreads comme une opportunité de revenir sur les marchés primaire et secondaire, en particulier sur les financières».
L’apparente suractivité récente des entreprises françaises s’explique aussi par l’absence d'émissions dans les autres pays européens. Toutes les émissions non financières en euro (investment grade et haut rendement) du mois d’avril ont été lancées par des groupes français à l’exception de celle de Wind Acquisition, rapportent les spécialistes de SG CIB. Un premier trimestre très actif, le week-end pascal, les vacances scolaires dans plusieurs pays et la période de publication des résultats des entreprises expliquent le ralentissement de l’activité sur le marché. Environ 2,5 milliards d’euros de titres non financiers investment grade ont été placés ce mois-ci, contre 3,6 milliards et 8,7 milliards sur les mois d’avril 2011 et 2010. Au premier trimestre, 54 milliards avaient été émis, un niveau inédit depuis 2009, année record.
Si la dominance des émetteurs français est frappante en avril, elle est plus conforme à la moyenne depuis le début de l’année. Ils ont représenté 28,3% des volumes émis, après 27,4% au quatrième trimestre 2011. Ils étaient à l’origine de 33,9% et de 38% des emprunts placés en 2011 et 2010 respectivement d’après SG CIB. Les groupes français sont donc depuis longtemps les premiers émetteurs en euro, loin devant les allemands (19% cette année).
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