Les émetteurs d’obligations sécurisées se ruent sur le marché primaire
Les banques se financeront en masse grâce aux « covered bonds » en 2010. Les investisseurs devraient être en mesure d’absorber ces titres
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Violaine Le Gall
Les institutions financières ont procédé à une avalanche d’émissions d’obligations sécurisées depuis le 4 janvier. Depuis lundi dernier, plus de 13 milliards d’euros de covered bonds ont été placés sur le marché par des institutions financières. «Ce niveau d’activité s’inscrit dans le prolongement de 2009, explique Jean-Marc Giraud, responsable mondial des marchés de capitaux de SG CIB. Les covered bonds permettent en effet aux institutions financières d’accéder à des ressources longues à un prix compétitif. Cette année, nous prévoyons une hausse de 30% des émissions en Europe, en euro, à 170 milliards d’euros, ce qui représentera un tiers des financements totaux des institutions financières». Les émissions de covered bonds compenseront ainsi la quasi-disparition des obligations garanties par les Etats et les émissions toujours très faibles de titres adossés à des actifs (ABS).
Le dynamisme de ce début d’année a de fortes chances de se prolonger. «Vu le flux d’émissions attendu, le marché ne va pas s’essouffler rapidement, expliquait Alain Galois, responsable du marché primaire obligataire chez Natixis, lors d’une conférence la semaine dernière. Comme les émetteurs craignent toujours un retour de la volatilité, ils veulent profiter de l’ouverture actuelle du marché». D’après les stratégistes de Barclays Capital, les conditions de marché seront encore porteuses pendant une longue période. Au premier semestre, «le programme de rachat de titres de la BCE soutiendra encore les marchés primaire et secondaire, ajoute Jean-Marc Giraud. Et sur l’ensemble de l’année en Europe, le marché sera soutenu par le remboursement de 150 milliards d’euros de titres. Les investisseurs disposeront donc de liquidités à réinvestir dans le marché».
Le segment des covered bonds dans son ensemble se normalise. Grâce à l’appétit des investisseurs, les émissions devraient être aisément absorbées par le marché, qui a déjà connu un niveau d’activité similaire. En 2006, 179 milliards d’euros de titres avaient été placés. Par ailleurs, l’engouement pour les obligations sécurisées devrait empêcher que la fin du programme de rachat de titres de la BCE ne provoque un écartement des spreads. La tendance serait plutôt à une stabilisation des prix.
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