Les émetteurs des pays de l’Est profitent de la ruée vers l’obligataire

Les levées de dette «high yield» en euro de la part d'émetteurs originaires d’Europe centrale devraient se multiplier, selon les banquiers
Krystèle Tachdjian

L’effervescence sur le marché du crédit pousse aussi les entreprises d’Europe centrale et orientale à emprunter la voie obligataire. Le désengagement des banques occidentales dans cette zone géographique et les difficultés des banques locales devraient conduire à une multiplication des levées de dette high yield en euro de la part d’émetteurs des pays de l’Est, prédit la société de gestion SPGB. L’an dernier, les entreprises d’Europe centrale ont émis pour 3,17 milliards d’euros d’obligations pour l’essentiel high yield contre 580 millions en 2011, année qui avait marqué un creux par rapport aux 2,21 milliards de 2010 et aux 2,22 milliards de 2009 selon les chiffres compilés par la Société Générale. Cette année 275 millions d’euros ont déjà été levés via l’émission de l’énergéticien tchèque New World Resources à 7,875% à 2021.

Les émetteurs de Pologne, Hongrie, et République tchèque ont été assez actifs ces dernières années surtout dans le secteur des utilities et des télécoms. En 2012, le polonais EP Energy a levé 500 millions à 5,875%. L’opérateur mobile polonais Polkomtel a émis de son côté près de 1,1 milliard via deux levées de dette senior libellée en euro et dollar, et un emprunt PIK (payment in kind) –qui permet à l'émetteur de payer les intérêts sous forme de nouveaux titres– à un coupon de 14,25%.

«Les émetteurs d’Europe centrale se tournent vers les marchés pour les mêmes raisons que les occidentaux: la désintermédiation, la réduction des tailles de bilan, le durcissement de la réglementation, mais la particularité de ce marché tient au nombre plutôt restreint d’émetteurs investment grade», explique Tanneguy de Carne, responsable mondial de l’origination dette high yield à la Société Générale. «On assiste à une accélération des émissions high yield à l’Est depuis 2009. C’est une région prometteuse pour de nouvelles opérations et de nouveaux émetteurs régionaux. La tendance devrait aussi être soutenue par la croissance des opérations de fusions et acquisitions dans ces pays», ajoute Richard Soundarjee, managing director debt capital market pour la région Europe de l’Est, Moyen Orient et Afrique à la Société Générale.

Le succès des émissions est alimenté par les investisseurs locaux mais aussi par l’appétit des étrangers: banques privées, assureurs ou fonds de pension dans le cadre de leurs stratégies de diversification, soulignent les banquiers.

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