Alors que la branche américaine est toujours dans le rouge, le groupe prévoit un imposant plan de départs volontaires pour redresser la barre
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Olivier Decarre
General Motors s’enfonce dans le rouge. En 2007, le constructeur a publié une perte nette de 38,7 milliards de dollars, dix-neuf fois plus élevée qu’en 2006. Certes, ce trou d’air s’explique par la charge fiscale de 38,3 milliards passée au troisième trimestre. Il n’empêche qu’en données ajustées, le bilan ne reste guère flatteur, le bénéfice de 2,2 milliards constaté en 2006 ayant cédé la place à une perte de 23 millions.
« La performance significativement améliorée de la branche automobile a été masquée par les lourdes pertes de GMAC », se défend GM. La branche financière a en effet perdu 2,3 milliards en 2007 (après un gain de 2,1 milliards un an plus tôt). Ce qui se traduit par une perte nette de 1,1 milliard dans les comptes du constructeur qui en détient toujours 49 %.
Mais GMAC n’explique pas à lui seul les difficultés du groupe américain. Car si la branche auto a progressé (553 millions de bénéfices imposables après une perte de 339 millions), les performances en son sein demeurent très contrastées.
Côté bons points, GM s’en sort très honorablement en Amérique latine avec un bénéfice imposable ajusté de 1,348 milliard (+140 %) et en Asie (774 millions, +84 %), les volumes ayant été comme pour la concurrence soutenus. En revanche, le groupe a peiné en Europe (notamment en Allemagne), avec un bénéfice divisé par 7 (55 millions), et n’est pas sorti de l’ornière aux Etats-Unis. Bien qu’ayant complété son plan d’économies de coûts de structure de 9 milliards (entre 2005 et 2007), GM y a encore perdu plus de 1,5 milliard de dollars.
Les difficultés commerciales ne sont pas un mystère. Ses ventes de voitures particulières aux Etats-Unis ont baissé de 16 % et sa part de marché de 1,3 point à 19,4 %, ce qui a eu pour conséquence de faire chuter le taux d’utilisation des capacités de production de 93,1 % à 88,3 %.
Pour redresser la barre, GM a choisi la manière forte. Suite à un accord avec le syndicat UAW, il va ouvrir un plan de départs volontaires permettant des remplacements à moindre coût. 74.000 ouvriers seront éligibles, avec pour objectif d’économiser 4 à 5 milliards de dollars. GM promet donc du mieux à partir du second semestre et même 1 à 1,5 million de bénéfice en plus dès 2009 si le marché revient sur son rythme de croisière. A l’inverse, il paraît évident qu’une récession longue (ou une atonie économique persistante) pourrait contrarier les plans du constructeur.
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