Les élus britanniques ne veulent pas interdire le trading pour compte propre

Une commission parlementaire juge dans un rapport que ce ne serait, ni forcément souhaitable, ni facilement faisable
Solenn Poullennec

Les élus britanniques renoncent à demander l’interdiction du trading pour compte propre. Dans un rapport publié vendredi dernier par la commission sur les standards des banques, créée en réaction au scandale du Libor, ils estiment qu’une telle interdiction serait trop compliquée à mettre en œuvre et pourrait être contre-productive. La même commission s’est pourtant montrée très critique vis-à-vis de la réforme bancaire actuellement débattue par la chambre basse.

Les élus estiment que «beaucoup des grandes banques britanniques» ne font pas de trading pour compte propre aujourd’hui, notamment parce que les réformes prudentielles rendent cette activité moins attractive. Par ailleurs, ils ne rejettent pas en bloc cette activité. Certes, les membres de la commission considèrent qu’elle peut aller à l’encontre de l’intérêt des clients des banques mais ils estiment que les risques qui lui sont associés ne sont pas forcément supérieurs à ceux des autres.

Les représentants de la chambre des Lords et celle des Communes font aussi valoir qu’il est très difficile de savoir ce qui relève du trading pour compte propre ou non. Adopter une définition large risquerait de nuire à des activités «utiles socialement et économiquement» mais opter pour une définition plus restrictive risquerait de laisser rendre la législation inefficace. Qui plus est, interdire le trading pour compte propre peut perturber la mise en œuvre de réformes jugées plus prioritaires à commencer par l'édification d’une barrière entre la banque de détail et la banque d’investissement (ring-fencing) .

A défaut de bannir cette activité, les parlementaires recommandent que l’autorité de régulation prudentielle britannique, rattachée à la banque d’Angleterre, renforce ses contrôles et intervienne si «une banque est incapable de démontrer que certaines activités de trading ne sont pas liées au service des consommateurs». Dans ce cas, le régulateur pourrait imposer des exigences en capital plus importantes et les banques seraient priées de communiquer sur leurs expositions au sein du trading book.

Les parlementaires recommandent enfin de surveiller de près les résultats des réformes mises en œuvre en Allemagne, en France et surtout aux Etats-Unis (Volcker Rule) pour limiter l’activité de trading pour compte propre. A la lumière de ces expériences, la question de l’interdiction pourra être reposée.

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