Les électeurs grecs et français rejettent le «tout austérité» européen

Les partis grecs au pouvoir ont subi un revers hier, alors que François Hollande a acquis sa victoire sur l’espoir d’un plan de relance européen
Patrick Aussannaire

La fronde contre l’austérité prend corps dans les pays européens. Hier, il manquait un siège aux partis grecs favorables aux plans européens de sauvetage, Nouvelle démocratie et Parti socialiste (Pasok), pour former une nouvelle coalition au parlement, avec un score cumulé de 32% des voix, soit 150 des 300 sièges. Et Alexis Tsipras, leader de la Coalition de la gauche radicale (Syriza) arrivée en deuxième position avec 16,67% des voix d’alerter sur le fait que «les responsables européens et particulièrement Madame Merkel, doivent se rendre compte que leur politique a subi une défaite sévère». La Troïka s’est pourtant empressée de rappeler qu’il n’y avait pas d’alternative aux mesures d’austérité. Une source du FMI citée par Dow Jones indiquait que «s’il n’y a pas d’accord sur de nouvelles coupes budgétaires, les paiements à la Grèce seront suspendus».

Faisant écho à la fronde qui est montée en Grèce, le nouveau président français élu hier avec 51,62% des suffrages exprimés, François Hollande, a indiqué que «l’austérité ne doit pas être inévitable», réaffirmant son intention d’introduire un volet de croissance dans le traité européen. Et d’indiquer que «c’est ce que je dirai le plus tôt possible à nos partenaires européens et d’abord à l’Allemagne». «Le vote en France, comme en Grèce, est une réaction contre la posture de l’Allemagne dans la crise de la dette. Les gens disent: ‘Assez d’austérité'» estime David Thebault, responsable du trading chez Global Equities.

Si Angela Merkel, dont le parti des chrétiens-démocrates (CDU) est au coude à coude avec les sociaux-démocrates (SPD) aux élections régionales, a convié hier François Hollande à Berlin avant le sommet européen prévu fin juin, son ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle a indiqué que «nous allons travailler ensemble à un pacte de croissance pour l’Europe». Une ouverture faisant ainsi écho aux propos du commissaire européen, Olli Rehn, indiquant samedi la nécessité de «parvenir à un équilibre entre consolidation budgétaire nécessaire et préoccupations de croissance ».

«Cela pourrait constituer un tournant pour la région, qui pourrait changer l’orthodoxie budgétaire allemande, établir un consensus sur la nécessité des euro-obligations et transformer la BCE en une ‘Fed européenne’ concentrée sur la croissance économique, et pas seulement l’inflation», estime David Thebault. Cette nuit à Tokyo, l’euro baissait de 0,8% à 1,2977 contre dollar, son plus bas niveau depuis trois mois.

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