Les économistes jugent excessives les réactions sur la dette grecque
Les retraits de liquidité de la BCE risquent de peser sur le pays. Mais une sortie de la zone euro ne semble pas envisageable
Publié le
Violaine Le Gall
Depuis le printemps dernier, les réactions sur la dette grecque ont été plutôt excessives. Au deuxième et au troisième trimestre, les obligations d’Etat ont affiché un rendement de 12,9%, surperformant ainsi tous les autres titres d’Etat de la zone euro. «Pendant ce rally, le marché a totalement ignoré les données fondamentales sur la détérioration du déficit et l’envolée de la dette en Grèce», analyse Ioannis Sokos, stratégiste taux chez BNP Paribas. Or, la croissance devrait être nulle l’an prochain, la dette publique pourrait atteindre 120% du produit intérieur brut fin 2010 et le déficit budgétaire 13% du PIB.
Ces dernières semaines, le marché a basculé dans l’excès inverse. L’écart de rendement entre les obligations grecques et allemandes à dix ans a explosé, passant de 132 points de base (pb) le 12 novembre, à un point haut de 201 pb le 26 novembre. Le coût de la protection contre le risque de défaut du pays augmente également, à près de 200 pb, correspondant à une probabilité de défaut de 16%.
L’endettement du pays n’est plus le seul motif de préoccupation des opérateurs. Mi-novembre, la Banque de Grèce a demandé aux banques domestiques de moins utiliser les outils exceptionnels de refinancement de la BCE pour qu’elles dépendent moins de ces dispositifs. Or, «une fois que la liquidité sera retirée, les vrais problèmes structurels de l’économie grecque réapparaîtront», avance Ioannis Sokos. Si les banques grecques ont moins accès à la liquidité, elles achèteront moins d’emprunts d’Etat que ces derniers mois, ce qui pourrait encore peser sur les rendements. En 2010, le pays prévoit d’émettre 55 milliards d’euros de titres en brut.
Toutefois, un nouvel investisseur pourrait faire son apparition. Le gouvernement grec serait en discussion avec des banques chinoises pour leur vendre 25 milliards d’euros au minimum, indiquait hier le Wall Street Journal.
Avec ou sans ce soutien, la Grèce ne serait pas au bord du défaut, ni menacée de sortir de la zone euro. «Nous estimons que le rebond des finances publiques grecques aura lieu dès que la croissance sera de retour, a priori à partir de 2011. L’augmentation des spreads sur la dette souveraine nous paraît un peu excessive. L’écart de rendement entre la dette grecque et la dette allemande devrait donc se réduire, explique Jesus Castillo, économiste chez Natixis. Une sortie de la zone euro ne nous semble pas envisageable car elle alourdirait encore le coût de la dette pour la Grèce.»
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