Les économistes déplorent le manque de sanctions attachées au Pacte pour l’euro
Berlin voulait un Pacte de compétitivité pour l’Europe. L’Allemagne aura finalement obtenu un Pacte pour l’euro qui, consensus politique oblige, a perdu une partie de sa force. Certains le déploraient hier. «Le Pacte ne semble plus marquer un virage à 180 degrés dans la convergence et la gouvernance économique européenne: c’est une mauvaise nouvelle pour la stabilité à long terme», regrettaient hier les stratégistes taux de SG CIB.
Sur le fond, le Pacte s’attache à améliorer la compétitivité de la zone euro et à encadrer la trajectoire budgétaire des Etats. Les pays membres surveilleront un certain nombre d’indicateurs, tels que l’évolution comparée des salaires et de la productivité, ou l’impact des systèmes de santé et de retraites sur le caractère soutenable de la dette. Seul chiffre évoqué à ce stade, la part de dette/PIB excédant 60% devra être réduite d’un vingtième chaque année, mais cette réduction sera «appréciée en tenant compte de tous les facteurs pertinents».
C’est là que le bât blesse. Les «facteurs pertinents» laissent la porte ouverte aux interprétations et font écho aux critiques de l’Italie, qui juge que son fort ratio de dette publique sur PIB doit s’apprécier à l’aune d’un faible endettement privé. Pour le reste, «les éléments du pacte de compétitivité vont dans le bon sens mais ne semblent pas pouvoir être imposés», juge Gilles Moëc, l’économiste de Deutsche Bank. Marco Valli, son équivalent chez UniCredit, regrette aussi, «l’absence de référence à des cibles chiffrées spécifiques ou à des sanctions automatiques, à l’exception de la règle sur la dette. Le Pacte pour l’euro ressemble, à ce stade, à une déclaration d’intention».
Le conseil Ecofin de ce jour doit élaborer les six propositions législatives qui permettront de traduire le Pacte dans les faits. Chaque Etat transcrira, par le biais d’une réforme constitutionnelle ou une loi-cadre, ses engagements en matière d’équilibre des comptes. En France, le projet de loi réformant la Constitution pour y inscrire une «règle d’or» passera demain en conseil des Ministres. Il instituera notamment des lois-cadres de trois ans dont les objectifs s’imposeront aux lois de finances et réservera à ces dernières le monopole des mesures touchant aux prélèvements obligatoires. Mais ce sont des lois organiques qui fixeront le contenu des lois-cadres.
Plus d'articles du même thème
-
En juin, les investisseurs en ETF continuent de tourner le dos à l’Europe
L’hémorragie s’accélère sur les ETF actions de la zone euro avec près de 2 milliards d’euros de rachats. Un mouvement qui profite aux actions américaines ou internationales. -
Eric Barbarin quitte Nexity pour rejoindre Invested Partners
L’ancien directeur général de Nexity Patrimoine et Valorisation rejoint l’équipe dirigeante d’Invested Partners. Il y est nommé directeur investissements & développements et devient associé. -
Le luxe, le tourisme et le BTP reprennent des couleurs en Bourse grâce à l'accord américano-iranien
La chute du prix du pétrole liée à la perspective de la fin de la guerre au Moyen-Orient fait grimper les marchés en Europe. Certains secteurs en profitent particulièrement. -
Schneider va renforcer son expertise technologique dans l'IA grâce à Foxconn
L’équipementier électrique français a signé un partenariat stratégique avec le groupe électronique taïwanais en vue de développer une nouvelle génération de centres de données. -
La suspension des derniers modèles d'Anthropic illustre les faiblesses de l'Europe
Le gouvernement américain a ordonné à Anthropic, vendredi, de suspendre immédiatement l’accès à ses modèles d’IA Fable 5 et Mythos 5 pour tous les utilisateurs étrangers. Le modèle d’IA devient un actif stratégique pour Washington, au même titre que les puces et les infrastructures. -
Dassault Systèmes place pour un milliard d'euros d'obligations
L'éditeur de logiciels a également annoncé le refinancement de sa ligne de crédit renouvelable, pour un montant total de 750 millions d'euros, arrivant à échéance en octobre 2026.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
Contenu de nos partenaires
-
Guerre en Iran, affaire Lyhanna, présidentielle : l'essentiel de l'interview d'Emmanuel Macron
Avant le début du sommet du G7 à Evian, Emmanuel Macron était l'invité de TF1 ce lundi 15 juin pour évoquer l'actualité internationale et française. -
Le concierge 2.0, chef d’orchestre de l’invisible
Exit l’image feutrée du concierge en livrée derrière un comptoir d’hôtel. A mesure que sa clientèle s’est mondialisée et que la possession a cédé du terrain à l’expérience, le métier a muté. A l’heure de l’IA, les concierges se réinventent en véritables chefs d’orchestre. -
Bardella juge le comportement de Trump « erratique » et « menaçant pour l'Europe »
Dans un entretien à Politico le 15 juin, Jordan Bardella critique le comportement « erratique » de Donald Trump. Le président du RN estime que l’Europe doit se préparer à un possible désengagement américain en matière de défense du continent