Les économistes américains voient grandir l’ombre menaçante de la récession
Pour les membres de la Nabe cependant, la croissance devrait rebondir au second semestre sous l’effet des mesures fiscales et monétaires
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Benoît Menou
L’humeur des économistes de la National Association for Business Economics (Nabe) s’est à nouveau dégradée ces derniers mois, comme en attestent les résultats de la dernière enquête trimestrielle de conjoncture menée par l’association américaine. Pourtant, l’éclaircie pourrait survenir en fin d’année.
45 % des 49 économistes interrogés entre le 25 janvier et le 13 février, soit deux fois plus que lors du précédent sondage il y a trois mois, estiment en effet que l’économie américaine connaîtra la récession cette année.
Les membres de la Nabe ont, dans un contexte de prix énergétiques élevés, fait preuve d’une prudence accrue concernant la consommation des ménages et le marché immobilier. A leurs yeux, le nombre de mises en chantier devrait atteindre un million d’unités en 2008. Au printemps dernier, ils en attendaient 1,5 million et 1,2 million en novembre. Près des deux tiers des membres de la Nabe ne perçoivent pas de resserrement drastique des conditions de crédit aux particuliers ou aux entreprises. Autant s’attendent à un retour à la normale d’ici à la fin de l’année.
Pour autant, les membres de la Nabe semblent placer beaucoup d’espoir dans les retombées concrètes du plan de relance de l’économie voté début février. Les économistes interrogés anticipent ainsi que ce plan pourrait bien soutenir la croissance à un rythme annualisé de 2,8 % au second semestre. De quoi amener le taux annuel de croissance du PIB à 1,8 % cette année, bien en deçà tout de même de l’estimation révélée en novembre dernier. Près d’un tiers des professionnels interrogés estiment toutefois que ce plan promu par l’administration Bush n’aura que peu d’effet, n’est pas nécessaire ou arrive trop tard. L’enquête met en avant une estimation de 0,4 et 1 % pour les deux premiers trimestres de l’année. « Du surplace » aux yeux d’Ellen Hughes-Cromwick, responsable de la Nabe et chef économiste de Ford, même s’ils sont peu nombreux au sein de l’association à parier sur une atonie persistante.
Les économistes sondés attendent également la poursuite d’une politique accommodante de la part de la Réserve fédérale, avec un taux des Fed funds escompté à 2,5 % fin 2008, contre 3 % aujourd’hui. Enfin, signe de la relative confiance en l’avenir des membres de la Nabe, ils estiment que la Fed pourra porter à 3,5 % son principal taux directeur fin 2009.
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