Les économistes américains préconisent de repousser l’austérité budgétaire à 2014
Les Etats-Unis viennent également se casser les dents sur l’équation de relance de la croissance sous contrainte budgétaire. A l’approche du «fiscal cliff», le mur budgétaire américain, seulement 33% des 236 économistes interrogés par la National Association for Business Economics (Nabe) dans son enquête mensuelle publiée hier plaident en faveur d’une politique budgétaire restrictive en 2013, et sont 54% à espérer qu’une accélération de la croissance permettra de revenir au sérieux en 2014. «Une bonne majorité des économistes estiment que la politique budgétaire ne devrait pas être restrictive en 2013. Ils préfèrent décaler les mesures de resserrement», confirme Jay Bryson, économiste chez Wells Fargo Securities.
Un désaccord au Congrès concernant la fin des exemptions de taxes et exonérations fiscales héritées, notamment, des années Bush conduirait au 1er janvier 2013 à des hausses d’impôts automatiques de 450 milliards de dollars et des baisses de dépenses de 125 milliards. Au total, les effets du «fiscal cliff» sur le budget 2013 se monteraient à un record de 800 milliards, soit 5% du PIB. Citigroup estime que cela conduirait à une baisse du PIB de 1% et à un taux de chômage proche des 10%. D’autant que Ben Bernanke a alerté que la Fed ne dispose d’aucun instrument suffisamment efficace pour contrer ses effets sur l’économie.
Pour le moment, les deux candidats à l’élection présidentielle, la Fed et le Congressional Budget Office semblent d’accord pour éviter de heurter le mur budgétaire sans pour autant s’entendre sur les nouvelles mesures à substituer à celles en voie d’extinction. En août, le nombre de licenciements massifs est resté limité, et le marché du travail a enregistré 10.000 suppressions de postes de moins qu’en juillet. «Les ménages pourraient augmenter leur taux d’épargne en prévision d’une baisse importante de leur pouvoir d’achat au début de l’année prochaine et les entreprises pourraient geler leurs investissements», alerte cependant Aurel BGC.
Et Citigroup d’ajouter que «les coupes héritées du mur budgétaire ne résolvent pas les déterminants du déficit de long terme dans une population vieillissante et une hausse des frais de santé». Selon le Wall Street Journal, les réductions faites par l’ensemble des Etats dans le montant des retraites versées n’ont permis d’économiser que 100 milliards de dollars sur les 900 milliards de déficit que comptent les fonds de retraite du pays.
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