Les économistes américains circonspects face aux politiques monétaire et fiscale
Les autorités perdent de vue la menace inflationniste, selon les membres de la Nabe, et s’abandonnent à une action « trop stimulante »
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Benoît Menou
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@DR
La grogne est perceptible. Les économistes membres de la National Association for Business Economics (Nabe) ont laissé transparaître, dans le cadre du dernier sondage réalisé par l’association, une méfiance grandissante vis-à-vis des initiatives menées par la Réserve fédérale et l’administration Bush en matière de politiques monétaire et fiscale. Selon les résultats de cette enquête semestrielle, la Fed a tort d’abaisser les taux d’intérêt au moment où l’inflation demeure une réelle menace, et le gouvernement ne devrait pas venir en aide à des investisseurs qui ont pris des paris hasardeux et « auraient dû savoir ». Las, la Réserve fédérale - en abaissant les taux - et Washington - en mettant en œuvre un plan d’avantages fiscaux - tentent d’enrayer la spirale qui semble mener l’économie des Etats-Unis vers une récession cette année.
Ainsi, la part des économistes de la Nabe jugeant « satisfaisante » la politique monétaire a accusé un vif repli, passant de 72 %, à l’occasion de la précédente étude en août dernier (et 81 % il y a un an), à 48 % désormais (pour des réponses reçues entre les 1er et 15 février derniers). Plus du tiers des personnes interrogées évoquent une action « trop stimulante ». Quant à leur appréciation de la politique fiscale de Washington, 35 % la considèrent « satisfaisante », contre 45 % il y a six mois.
Pour Ellen Hughes-Cromwick, présidente de la Nabe et chef économiste chez Ford, les membres de l’association sont « toujours plus attentifs aux risques à court terme posés par les prêts subprime ou toute autre forme d’endettement élevé, tout en gardant un œil inquiet sur l’inflation ». Pour autant, 10 % seulement des sondés placent cette dernière en tant que principal risque à court terme pour l’économie nationale (contre 6 % en août), un risque issu des répercussions d’un niveau d’endettement mal maîtrisé pour 52 % d’entre eux, dont 34 % pour la seule question isolée des défauts de paiement sur prêts hypothécaires à risque. Pour les sondés, le coût du système de santé représente par ailleurs le principal risque à long terme pour l’économie.
Pour l’heure, la Fed en tout cas ne semble pas devoir s’arrêter en si bon chemin, les observateurs anticipant unanimement un nouveau geste de détente monétaire ce mois-ci.
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