Les économies de la zone euro affichent des performances à deux vitesses
L’Italie a abaissé ses prévisions de croissance vers un niveau presque nul, alors que le marché obligataire affiche déjà sa préférence pour l’Espagne
Publié le
Patrick Aussannaire
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Comme la France, l’Italie a dû se résoudre hier à abandonner son objectif de croissance de 0,8% cette année pour le ramener à un niveau proche de zéro, ce qui réduit ses marges de manœuvre. Le ministre des Finances, Carlo Padoan, a à la fois réitéré sa promesse de conserver le déficit budgétaire italien sous les 3% du PIB, mais a également souligné que «la consolidation budgétaire doit être favorable à la croissance».
Les réformes promises par le gouvernement de Manuel Valls en France (baisse des charges sociales, stimulation de l’investissement, ouverture des monopoles à la concurrence et réforme du marché du travail), et par le gouvernement de Matteo Renzi en Italie (raccourcissement des délais de traitements légaux des plaintes sur les saisies hypothécaires, réforme du Code du travail) tardent à se mettre en place. Dans le même temps, l’Espagne s’est payé le luxe de lancer cet été un plan de relance ciblé qui lui permettra de gagner 0,5 point de croissance sur 2014 et 2015 sans compromettre ses objectifs budgétaires, selon Morgan Stanley.
«La France ainsi que l’Italie sont en retard en termes de réformes de leurs marchés du travail par exemple, et ont ainsi perdu de la compétitivité alors que l’Espagne et l’Irlande en ont gagné», estime RBS. La croissance de ces derniers pays a accéléré à un rythme annuel de 1,2% et 4% en début d’année et devrait progresser plus rapidement que la moyenne de la zone euro sur 2014 et 2015, selon Morgan Stanley qui ajoute que le Portugal devrait également rejoindre le club l’an prochain. La croissance est en revanche nulle en France et légèrement négative en Italie, et devrait sous-performer celle de la zone jusqu’à fin 2015 pour les deux pays.
Dans le rallye enregistré par les obligations de la zone euro, l’Espagne affiche la meilleure performance avec un rendement désormais plus faible de 25pb par rapport à celui de l’Italie sur le 10 ans, à un pb de son plus haut niveau depuis février 2012 enregistré le 8 août. «Le puissant aplatissement de la courbe espagnole par rapport aux obligations italiennes reflète l’amélioration des fondamentaux et des perspectives politiques en Espagne», estime SG CIB. Parallèlement, le spread entre le rendement des obligations portugaises et allemandes à 10 ans a chuté de 68pb sur deux semaines pour revenir à 10pb de son plus bas depuis mai 2010 enregistré en juin. A 84pb, le spread irlandais contre Bund est également tombé hier à son plus faible niveau depuis août 2009.
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