Les divergences des banques centrales exacerbent les dynamiques de change
Le fossé se creuse. Hier, le président de la BCE a été on ne peut plus clair sur la manière de gérer la stratégie de sortie de crise à l’européenne au lendemain de l’annonce par la Fed d’un nouveau tour d’assouplissement quantitatif. «Le conseil des gouverneurs de la BCE est fidèle à son mandat», a lancé Jean-Claude Trichet lors de sa conférence de presse qui a suivi le énième maintien, par l’institution, du taux de refinancement en zone euro à 1%. Selon lui, l’action de la BCE doit être jugée sur les résultats de sa «propre politique», précisant qu’il ne ferait «plus de commentaires sur ce qui est fait par d’autres banques centrales, qui ont des responsabilités et un environnement qui leur sont propres».
Tandis que la BCE réfléchit aux moyens de régler la dépendance de certaines banques européennes au financement de l’Eurosystème de manière progressive, Jean-Claude Trichet a donné rendez-vous en décembre pour parler de l’avenir des mesures de liquidité qui, selon lui, ne préjuge pas de la manière dont la banque centrale agira sur ses taux.
Alors que l’économie d’outre-Manche envoie des signes plus rassurants que celle d’outre-Atlantique, la décision hier de la Banque d’Angleterre (BoE) de laisser ses taux inchangés à 0,50% et surtout de ne pas relever la taille de son plan d’achats d’actifs de 200 milliards de livres est venue renforcer le constat de politiques monétaires totalement décalées et unilatérales. Des divergences qui nourrissent le creusement des différentiels de taux et mettent davantage sous pression les parités de change.
Hier, l’euro/dollar a bondi de 1% à un plus haut de 1,4282, les injections de liquidité via les achats de titres par la Fed accentuant la pression sur le billet vert alors que les Etats-Unis pratiquent toujours une politique de taux zéro. Une réaction exagérée pour certains cambistes, qui soulignent que la deuxième vague d’assouplissement était largement anticipée. D’ailleurs l’euro/dollar a reflué hier à 1,4188 en fin de séance.
La livre, qui est restée stable par rapport à l’euro, a aussi gagné du terrain face au dollar, le sterling/dollar progressant de 1% à 1,625. Et l’écart s’est creusé avec les dollars australien et néo-zélandais qui continuent d'être soutenus par des taux respectivement de 4,5% et 3%. Par rapport au dollar, les monnaies ont crû dans l’ordre de 0,7% et 1,7%.
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