Les distributeurs posent des conditions à la réduction des délais de paiement

La FCD suggère qu’un accord sur la négociabilité des tarifs fournisseurs pourrait constituer une base de compensation cohérente
Olivier Decarre

Les vœux de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) ont fourni hier à l’organisme l’occasion de préciser ses positions sur les grands débats actuels et notamment le rapport Attali. Si la FCD approuve certaines propositions, elle n’est pas d’accord sur toute la ligne. « Nous sommes prêts à travailler sur le raccourcissement des délais de paiement, mais si cela doit aboutir à un transfert massif de trésorerie, le coût risque d’être répercuté sur les prix de vente », a averti le président Jérôme Bédier, en précisant : « avec 2 % de marge nette, nous ne pouvons pas absorber 11 milliards d’euros de transfert de trésorerie vers les fournisseurs ».

Le secteur, qui rappelle aussi que ses marges ont baissé en 2007, n’est donc pas prêt à accepter une telle mesure sans compensation. Et pour cela, la FCD ne manque pas de pistes. A la question de savoir si un accord sur la négociabilité des tarifs fournisseurs permettrait de lâcher du lest sur les délais de paiement, Jérôme Bédier répond que « cela paraît cohérent ». Selon lui, la possibilité de négocier les tarifs donnerait l’occasion de rediscuter la structure des contrats. Bref, de faire baisser les coûts d’achat pour compenser le manque à gagner sur la trésorerie. Sans compter les économies qui pourraient être réalisées grâce à la simplification du système de gestion. Car selon Jérôme Bédier, la gestion du procédé actuel (intégrant les prestations de service) coûte cher : elle atteindrait 1 % du prix final chez certains membres de la FCD.

« Supprimer la loi Galland », c’est-à-dire « permettre la négociation directe sans passer par la facturation de prestations de service » sera d’ailleurs le principal cheval de bataille des distributeurs dans les mois à venir. La FCD en a fait la mesure numéro un de sa feuille de route pour 2008. Jugeant que la loi Chatel est loin de résoudre tous les problèmes et que l’on va arriver au cinquième texte sur le même thème en dix ans, la FCD souhaite désormais que ce dossier avance vite. Un texte devrait arriver avant l’été et Jérôme Bédier s’est dit confiant sur la volonté du gouvernement à aboutir à une mise en œuvre du principe de négociabilité. Une négociabilité sur laquelle il faudra aussi trouver un terrain d’entente avec les industriels. Car s’ils n’y sont pas radicalement opposés, ils souhaitent qu’elle soit « encadrée et assortie de contreparties ».

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