Les discussions progressent lentement sur l’union bancaire
Les ministres des Finances de la zone euro ont dressé jeudi soir un tableau plutôt contrasté de la situation des pays sous programme: inquiétudes pour la Grèce, enjointe de remplir ses engagements en matière budgétaire et de réforme, soulagement pour l’Irlande et l’Espagne, qui se préparent à une sortie «sèche» de leurs programmes respectifs. «L’assistance financière a permis à ces pays de déployer des efforts considérables», a dit Pierre Moscovici après la réunion de l’Eurogroupe. La France était plutôt favorable au maintien de programmes de précaution mais cette option n’a pas été retenue.
La question se posait d’autant plus à l’approche de la revue des bilans bancaires par la Banque centrale européenne en 2014. L’ordre d’utilisation des instruments de recapitalisation: recours au marché, bail-in, bail-out sur fonds nationaux et bail-out sur fonds européens, est acquise depuis plusieurs semaines. Mais les conditions d’une intervention du Mécanisme européen de stabilité (MES) restent en discussion.
A la sortie de la réunion, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a jugé qu’il serait opportun d’attendre la conclusion des travaux sur le bail-in et la gestion de crise dans le cadre de la directive dite «résolution et redressement bancaires» (BRRD), possiblement mardi prochain à l’issue d’une nouvelle rencontre entre législateurs. Pierre Moscovici espérait pour sa part que des avancées soient enregistrées dès ce vendredi entre ministres des Finances des Vingt-Huit.
La recapitalisation directe reste aux yeux du ministre français «l’instrument approprié pour casser le lien entre risques bancaire et souverain». Il suppose une modification de la loi allemande créant le MES, où seront inscrites les conditions de cette intervention.
Vendredi, les ministres tenteront de déminer le dossier du mécanisme européen de résolution, qui doit être opérationnel après 2015. L’Allemagne continue d’en contester la base juridique, de vouloir limiter le champ des banques concernées et de refuser la création d’un fonds paneuropéen. «Tant que la coalition ne sera pas en place à Berlin, il ne faut pas compter sur une percée», indiquait jeudi un ministre européen. L’élection de la chancelière par le Bundestag est annoncée pour mi-décembre, une semaine avant le dernier Conseil européen de l’année.
Ce vendredi, la Commission européenne présentera également ses avis sur les budgets nationaux. «Si elle valide notre stratégie budgétaire, ce sera une belle récompense», a dit jeudi soir Pierre Moscovici.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes. -
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront maintenant se prononcer sur ce projet de nomination.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France