Les dirigeants européens doivent préciser leur plan pour la croissance

Réunis demain soir, ils devraient approfondir l’idée de lancer des «obligations de projets» avec la Banque européenne d’investissement
Solenn Poullennec
Le capital de la Banque Européenne d'Investissement pourrait être augmenté. Photo: Sylvie Françoise/Agefi
Le capital de la Banque Européenne d'Investissement pourrait être augmenté. Photo: Sylvie Françoise/Agefi  - 

Le menu du dîner informel des chefs d’Etat et de gouvernement européens de demain soir est déjà fixé: Grèce, Espagne et surtout croissance. Les agapes ne déboucheront pas forcément sur des conclusions en bonne et due forme, il s’agit surtout de préparer le sommet, bien formel, du 28 juin prochain.

Le président français, François Hollande, détaillera sans doute ses projets pour redynamiser la croissance. L’engagement de campagne de faire parvenir à ses homologues européens un «mémorandum» à ce sujet a finalement été abandonné. Les Européens devraient notamment discuter d’une augmentation du capital de la Banque européenne d’investissement (BEI) d’environ 10 milliards d’euros. Selon un fonctionnaire européen, «le consensus se fait de plus en plus large entre les Etats membres» sur ce point.

Le chef du gouvernement britannique, David Cameron, s’est par ailleurs rallié à l’idée de lancer des «obligations de projets» (project bonds), défendue l’année dernière par la Commission. La BEI aiderait au financement d’infrastructures grâce à une garantie ou à de la dette subordonnée, dans la limite de 20% de la dette nécessaire aux projets.

En 2011, la Commission a proposé de réallouer 230 millions de lignes existantes au lancement d’une phase pilote. Cette enveloppe permettrait de lever in fine 4,6 milliards d’euros pour 5 à 10 projets d’ici à 2013. A la BEI de les identifier. Avant toute chose, le Conseil et le Parlement devront adopter la proposition de la Commission.

L’autre idée sur la table consiste à utiliser les fonds structurels qui n’ont pas été dépensés faute de co-investissement des Etats bénéficiaires. L’Allemagne a déjà renoncé à récupérer les sommes non utilisées qui lui revenaient. Mais il faudra convaincre les autres pays, notamment la Grande-Bretagne de faire de même. Il est très difficile de dire quelle somme pourrait ainsi être débloquée car les fonds ont généralement une affectation précise, difficile à modifier.

Par ailleurs, les dirigeants devraient réaffirmer que la Grèce doit appliquer les réformes prescrites pour continuer à recevoir l’aide de l’Union. D’après un fonctionnaire européen, d’aucuns réfléchiraient à la renégociation de certains paramètres secondaires du second plan de sauvetage décidé au printemps, comme les délais fixés, les taux ou le calendrier des versements mais aucun changement de fond ne serait accepté.

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