Les dirigeants européens achoppent sur la façon de renforcer les fonds de secours

L’une des options à l'étude serait d’augmenter le capital du MES à plus de 1.000 milliards d’euros, grâce aux garanties du FESF
Solenn Poullennec

Faute de pouvoir s’accorder sur le renforcement des fonds de secours, les dirigeants européens ont préféré annuler une réunion prévue sur ce sujet demain. Un sommet dédié pourrait être de nouveau organisé au cours du mois de mars pour choisir entre les différentes options sur la table. Encore faudra-t-il convaincre le gouvernement allemand. Il a réaffirmé hier qu’il préférait d’abord voir comment évoluait la situation économique avant de mettre encore la main à la poche.

La pression qui s’exerce sur les politiques européens est d’autant plus importante que le FMI conditionne l’augmentation de sa capacité de prêt à celle des moyens du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et du Mécanisme européen de stabilité (MES) censé devenir opérationnel au mois de juillet prochain. Et, en décembre 2011 déjà, les politiques européens s’étaient engagés à revoir la capacité financière du MES et du FESF en ce début d’année.

Une option à l’étude consisterait à combiner les moyens des deux fonds. Compte-tenu des prêts accordés pour les pays sous programme, le FESF n’a plus que 250 milliards d’euros disponibles environ tandis que la capacité de prêt du MES est de 500 milliards (voir l’Agefi du 24 février). Cependant, le dispositif européen ne serait renforcé que temporairement car le FESF n’est censé fonctionner que jusqu’en juillet 2013. A partir de cette date, il ne devrait plus plus prendre d’engagements mais gèrerait seulement les plans d’aide déjà signés.

De source européenne, une seconde solution serait d’apporter au capital du MES, le stock des garanties des Etats au FESF qui n’ont pas été mobilisées. Ceci porterait le capital «appelable» total du MES de 700 milliards d’euros aujourd’hui (dont 80 milliards d’euros de capital appelé) à plus de 1.000 milliards. La capacité de prêt effective serait alors portée à 750 milliards d’euros environ. Un montant encore sujet à caution car les agences de notation sont divisées sur la quantité de capital à mettre de côté pour pouvoir prêter.

Cette solution aurait l’avantage d’être permanente. Et comparé au FESF, qui tente de développer des outils complexes et ne peut pas prendre des décisions facilement, le MES est censé être plus lisible et flexible. Ainsi, le traité prévoit qu’en cas d’urgence, les dirigeants du MES peuvent décider d’apporter une assistance financière à la simple majorité qualifiée.

Un évènement L’AGEFI

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