Les dirigeants du G7 veulent priver la Russie de sommet du G8 en juin
Réunis hier à La Haye (Pays-Bas) pour discuter, en marge d’un sommet sur la sécurité nucléaire, de la position à adopter face à l’annexion de la république autonome de Crimée par la Russie, les dirigeants du G7 ont choisi de priver la Russie du prochain sommet du G8 tant qu’elle n’aura pas changé d’attitude à l'égard de l’Ukraine. Alors que ce sommet devait se tenir début juin à Sotchi, les chefs d’Etat l’ont remplacé par un sommet du G7 à Bruxelles.
Une mesure accueillie avec nonchalance par le ministre russe des Affaires étrangères. «Si nos partenaires occidentaux pensent que le format est parvenu au bout de sa logique, nous ne nous accrocherons pas à ce format. Pour nous, ce n’est pas une grande tragédie si le G8 ne se réunit pas», a déclaré Sergueï Lavrov à La Haye où les dirigeants du G7 se sont réunis sans Vladimir Poutine. Il a en outre rappelé que le G8 est «un club informel», désormais largement supplanté par le G20. «Personne ne détient de carte de membre et personne ne peut en être exclu», a-t-il ajouté, alors que la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont brandi la menace d’une éviction permanente de la Russie.
Les membres du G7 sont également convenus de mettre en place une concertation au niveau ministériel pour renforcer leur sécurité commune en matière énergétique. Une mesure qui vise notamment à étudier des solutions de remplacement à la dépendance de certains Etats européens à l'égard du gaz russe. Après les sanctions ordonnées la semaine dernière par les Etats-Unis et l’Union européenne, des pays du G7 se tiennent prêts à intensifier leurs actions contre la Russie, y compris avec des sanctions conjointes ciblées, a rapporté Reuters de source diplomatique. Une intervention russe dans l’Est et le Sud de l’Ukraine serait un signal clair en ce sens, a précisé un responsable américain. Dans ce contexte, les dirigeants du G7 ont discuté de la nécessité pour l’Otan de rassurer et de soutenir les alliés en Europe de l’Est.
L'économie russe commence pour sa part à payer le prix de la crise en Ukraine. En février, le PIB russe n’a progressé que de 0,3% sur un an après avoir augmenté de 0,1% en janvier, a indiqué hier le vice-ministre à l'économie Andreï Klepach. Ce dernier a en outre estimé que les sorties de capitaux devraient atteindre la borne haute d’une fourchette comprise entre 65 et 70 milliards de dollars au premier trimestre.
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