Les députés s’inquiètent de l’autonomie de la surveillance européenne
Hier, lors de leur audition devant la commission des affaires économiques et monétaires, les trois candidats désignés se sont montrés prudents, cherchant à donner des gages d’indépendance, tout en assurant vouloir préserver le rôle des autorités nationales dans la supervision directe des marchés et des institutions. Steven Maijoor, qui doit prendre les rênes de l’Autorité européenne des marchés (Esma) et occupait les fonctions de «managing director» à l’Autorité des marchés financiers néerlandaise, a déclaré vouloir donner la priorité à la «protection des consommateurs», tout en insistant sur le besoin de lutter contre la «capture réglementaire» opérée par l’industrie.
Le Portugais Gabriel Bernardino qui arrive directement du comité des superviseurs des assurances dont il était le numéro 2 et prendra la tête de l’Autorité des assurances (Eiopa), s’est présenté comme une «tête de réseau» des superviseurs nationaux. Cela lui a valu de faire une impression mitigée sur les élus. Andrea Enria, son homologue à l’Autorité bancaire européenne (EBA), jusque-là en charge de la supervision bancaire à la Banque d’Italie, a, lui, insisté sur le «besoin de discontinuité». Parmi ses priorités, il a mentionné la consolidation des entités hors bilan des banques et le contrôle du shadow banking, la réalisation de nouveaux stress tests «plus sévères» et la protection des consommateurs.
Cependant, les députés continuent à protester contre les conditions de sélection et menacent de bloquer la procédure s’ils n’obtiennent pas des garanties d’indépendance et d’autonomie supplémentaires. «La façon dont ils ont été recrutés et leur position hiérarchique les placent en position d’infériorité par rapport aux personnes qu’ils sont censés coordonner ou diriger», a déclaré hier l’UMP Jean-Paul Gauzès. Sylvie Goulard (ADLE) a fait part de son «insatisfaction». Dans deux lettres au commissaire Barnier et au président du conseil Ecofin, le ministre des Finances hongrois Györgu Matolcsy, la présidente de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement demande une «déclaration» officielle d’ici au vote en plénière jeudi. «Je n’aurais aucune difficulté à confirmer au Parlement européen que je ferais tout ce qui est dans le pouvoir de la Commission pour s’assurer que les Présidents puissent travailler en toute indépendance conformément aux règlements qui établissent les autorités», a réagi Michel Barnier. «Nous avons reçu ce courrier», a simplement déclaré un porte-parole de la présidence hongroise.
Plus d'articles du même thème
-
JPMorgan Private Bank croit aux actions émergentes et au thème de la défense
Dans le cadre de ses perspectives d’investissement mondiales de mi-année, la banque privée plébiscite une exposition sur les marchés émergents qui sortent d'une très belle année 2025 ainsi qu'au secteur de la défense poussé par la multiplicité des conflits mondiaux. -
Les fonctions risques et assurances parlent encore trop peu la même langue
Une étude de Kyu et de l’Amrae met en lumière une juxtaposition des fonctions et non une coopération. -
Commerzbank met en scène sa riposte à UniCredit, qui poursuit ses achats
Lors de son assemblée générale, la banque allemande a clamé haut et fort son opposition au projet de rachat par sa concurrente italienne. De son côté, UniCredit continue à acheter des produits dérivés, à défaut de convaincre les actionnaires. -
Santiane a finalement trouvé preneur
Après plusieurs mois de prospection du marché pour trouver un acheteur prêt à prendre la suite de Latour Capital, Santiane signe avec Kereis, lui-même détenu par Advent International. -
L’association suédoise des fonds se choisit une nouvelle présidente
Josefine Degerholm a été nommée présidente de l’Association suédoise des fonds d’investissement, Fondbolagens Förening. L’intéressée est la directrice générale de Nordea Fonder. Elle succède à Magdalena Wahlqvist Alveskog. Emma Viotti, la directrice générale de Handelsbanken Fonder, fait par ailleurs son entrée au conseil d’administration de l’association professionnelle. -
L’Europe veut reprendre la main sur la question des droits de douane américains
Un accord a été trouvé sur une législation appliquant l’accord commercial signé avec les Etats-Unis, dans laquelle les Européens ont intégré des clauses destinées à limiter le pouvoir de nuisance américain.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
Photo instantanéePlus de 40 % des personnes vivant en France ont un lien avec l'immigration
Chez les moins de 25 ans, les descendants d’origine africaine sont majoritaires -
EditorialEmmanuel Moulin à la Banque de France : ouf, trois fois ouf
Emmanuel Moulin sera le prochain gouverneur de la Banque de France. Ouf trois fois ouf. D’abord parce que l’homme a le cursus professionnel parfait pour succéder à François Villeroy de Galhau, dont la stature n’a jamais fait débat. Le parcours d’Emmanuel Moulin dans les hautes sphères de l’Etat lui a ouvert les postes civils les plus huppés de l’administration : diriger les cabinets de Bercy, de Matignon puis le secrétariat général de l’Elysée vous plonge dans l’urgence et les défis permanents. Diriger le Trésor vous forme à la vision large sur les enjeux de la France et sur le financement de son économie. Carton plein, augmenté d’un passage dans l’univers de la finance privée. -
CastingNouveau gouverneur de la Banque de France : Macron enchaîne la passe de quatre
Après le Conseil constitutionnel, la Cour des comptes et le conseil d'Etat, la nomination d'un nouveau proche d'Emmanuel Macron à la Banque de France alimente le procès en verrouillage des institutions