Les députés se refusent à donner leur feu vert à l’équipe Juncker
On n’a jamais vu une telle tension au Parlement», faisait remarquer mardi soir le collaborateur d’un député à l’issue d’une rencontre entre les principaux responsables des groupes politiques en charge des affaires économiques et monétaires du Parlement. Quelques minutes plus tôt, le président de la commission Econ avait quitté les lieux… sans explication.
Motif de cette confusion: la confirmation des quatre principaux responsables économiques du futur exécutif européen: les deux vice-présidents Valdis Dombrovskis et Jyrki Katainen, deux conservateurs, ainsi que le commissaire à la fiscalité et à la politique économique, socialiste, Pierre Moscovici et celui en charge des services financiers Jonathan Hill, un conservateur britannique, qui avait dû repasser son audition le matin même pour cause d’imprécision lors de sa première prestation.
Les causes de ce blocage sont multiples: certaines légitimes, d’autres relevant d’un jeu plus politique qui met en péril l’accord scellé entre sociaux-démocrates et conservateurs pour adouber l’équipe Juncker. Le nouveau président de la Commission laisse planer le doute sur la répartition des compétences, en particulier s’agissant de l’application des règles budgétaires et de la représentation externe de l’euro. Qui tranchera par exemple la question d’éventuelles sanctions contre la France pour cause de déficit excessif ou de réformes insuffisantes? Pierre Moscovici, ou bien le vice-président Dombrovskis? «Il faut une clarification des portefeuilles et des rôles et une solution pour gérer les conflits», explique une source au Parlement.
Reste aussi à clarifier la représentation de l’UE et de la zone euro dans les instances internationales (G20, Conseil de stabilité financière ou FMI). Et si Pierre Moscovici représentera la Commission à l’Eurogroupe et au Conseil Ecofin, le vice-président Dombrovskis et le président Juncker se réservent le droit d’être présents.
Une nouvelle réunion des responsables politiques d’Econ est prévue mercredi soir au terme de laquelle la gauche unitaire pourrait demander un vote de l’ensemble de la commission sur le candidat britannique. «S’ils font cela, il y aura un vote sur les trois autres», explique une source parlementaire. Or «Hill est le plus fragile car il n’est soutenu par aucun grand groupe», explique-t-elle. En cas de rejet d’un ou plusieurs candidats, Jean-Claude Juncker devra proposer d’autres noms d’ici à l’investiture de son équipe au complet par le Parlement.
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