Les dégradations de S&P laissent les marchés obligataires de marbre
Un non-événement ou presque. La dégradation de la France et d’un certains nombre d’autres pays de la zone euro par S&P vendredi soir n’a eu hier qu’un impact marginal sur les marchés. C’est sur l’euro / dollar que la réaction initiale avait été la plus marquée vendredi lorsque les premières rumeurs ont couru, avec un taux de change passé de 1,28 à moins de 1,265 dans l’après-midi. Mais hier, la monnaie unique se stabilisait face au billet vert, remontant même légèrement aux alentours de 1,267.
Même constat pour le marché obligataire, que les investisseurs surveillaient de près lundi matin. La dégradation d’un cran de la France était dans les prix depuis plusieurs semaines, l’écart de rendement avec l’Allemagne donnant même au souverain une note implicite équivalente à A +. Les OAT n’ont donc guère bougé. Quant aux émissions de bons du Trésor français, elles ont été réalisées à des rendements inférieurs à ceux des opérations du même type la semaine dernière. La France a ainsi placé 4,5 milliards d’euros à 12 semaines, 2,2 milliards à 25 semaines et 1,89 milliard à 1 an à des rendements respectifs de 0,165%, 0,281% et 0,406%.
C’est pour l’Espagne et l’Italie que les risques de réveil brutal étaient les plus grands. «Les marchés n’avaient peut-être pas anticipé deux crans de dégradation et une perspective négative» pour ces deux pays, soulignaient avant l’ouverture les équipes de recherche de BoA Merrill Lynch. Mais le taux à 10 ans italien était stable hier dans l’après-midi à 6,60%, tandis que celui de l’Espagne se détendait de 4 points de base à 5,11%. Les deux pays ont connu une détente sur les rendements à deux ans.
Il faut dire que la Banque centrale européenne, qui a nettement musclé la semaine dernière son programme de rachats de dette souveraine avec 3,77 milliards d’euros repris contre 1,1 milliard la semaine précédente, a fait de la prévention. Selon des traders, la BCE a acheté hier des dettes espagnoles et italiennes sur des maturités allant de 3 à 10 ans, soulageant ainsi les tensions éventuelles.
Mais l’accalmie pourrait être trompeuse. Si le Fonds européen de stabilité financière est dégradé, ou que les discussions sur la restructuration de la dette grecque, censées reprendre demain, se soldent par un échec, les marchés obligataires risquent de connaître à nouveau des tensions. Le prochain test aura lieu jeudi avec des emprunts de l’Espagne et de la France.
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